Protection sociale au Maroc: le CMGM alerte sur une réforme à deux vitesses

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Protection sociale
Le rapport du CMGM conclut sur une réforme à deux vitesses

Le Centre marocain de la gouvernance et du management (CMGM) vient de publier son dernier rapport consacré à la protection sociale au Maroc. Ce document, élaboré en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, dresse un état des lieux de l’un des chantiers sociaux les plus structurants de la décennie.

Le rapport du CMGM commence par situer le contexte de la réforme, rappelant qu’elle a été lancée en 2021 sous impulsion royale. La généralisation de la protection sociale est présentée comme une réforme de grande ampleur visant à garantir à tous les citoyens un accès équitable aux soins, aux allocations familiales, à une retraite et à une indemnité en cas de perte d’emploi. Le rapport signifie par ailleurs que cette réforme s’inscrit dans le Nouveau modèle de développement et qu’elle constitue un pilier de l’État social.

Le CMGM souligne que le Maroc s’est doté d’une loi-cadre (09-21) qui fixe les quatre piliers de la réforme : assurance maladie obligatoire, allocations familiales, retraite généralisée et indemnité chômage. Plusieurs institutions sont mobilisées, parmi lesquelles la CNSS, la CNOPS, l’ANAM, la CMR et le RCAR, sous la coordination de comités ministériels et interministériels. Cette architecture vise à assurer cohérence et complémentarité entre les régimes existants.

Protection sociale : avancée à deux vitesses

Malgré ce socle juridique et institutionnel, le rapport du CMGM insiste sur les obstacles qui freinent la mise en œuvre. L’intégration du secteur informel reste un défi majeur, tout comme la fiabilité du ciblage social et la soutenabilité financière des régimes. Les disparités territoriales en matière d’accès aux soins et la fragmentation des dispositifs de retraite sont également pointées comme des faiblesses structurelles.

Lire aussi. Généralisation de la Protection sociale: la CNSS dévoile sa la feuille de route

Le rapport conclut que la protection sociale au Maroc avance à deux vitesses : d’un côté, une volonté politique affirmée et des bases juridiques solides ; de l’autre, une mise en œuvre encore incomplète, confrontée à des contraintes budgétaires et institutionnelles. La réussite de ce chantier dépendra de la capacité à dépasser ces blocages pour transformer l’ambition en réalité vécue par l’ensemble des citoyens. Pour ce faire, Youssef Guerraoui Filali, président du CMGM, formule une série de recommandations stratégiques pour consolider la réforme et en assurer la pérennité.

Les recommandations pour un alignement optimal

Rapport CMGM Protection sociale

La première concerne la gouvernance du secteur. Le rapport insiste sur la nécessité d’une coordination plus fluide entre les institutions impliquées – CNSS, CNOPS, ANAM, CMR, RCAR – afin d’éviter la fragmentation des régimes et de restaurer la confiance des citoyens. La réussite de la généralisation de la protection sociale passe par une cohérence interinstitutionnelle et une convergence des dispositifs existants.

La deuxième recommandation vise l’alignement du système marocain sur les standards internationaux. Le CMGM rappelle que seuls 20,5 % des Marocains bénéficient d’au moins une prestation sociale hors santé, contre 46,9 % au niveau mondial. Il appelle à rapprocher le dispositif national des normes de l’Organisation internationale du travail et des Objectifs de développement durable, en renforçant la protection des catégories vulnérables : enfants, personnes âgées, chômeurs et personnes en situation de handicap.

Enfin, le rapport met l’accent sur la généralisation et l’efficacité du système. Cela suppose d’intégrer le secteur informel, qui représente près de 60 % de la population active sans couverture retraite, de fiabiliser le ciblage social via le Registre social unifié, et d’assurer la soutenabilité financière des régimes. La réduction des disparités territoriales en matière d’accès aux soins est également identifiée comme une priorité.

En clair, pour la CMGM, la réforme de la protection sociale ne pourra réussir qu’en dépassant ces blocages. La volonté politique est là, mais elle doit s’accompagner d’une gouvernance renforcée, d’une convergence avec les standards internationaux et d’une capacité à transformer l’ambition en résultats tangibles pour l’ensemble des citoyens.

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