Sécurité alimentaire et hydrique: la BID otroie 2,2 MMDH au Maroc

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Sécurité BID
L’accès inégal à l'eau (70 % concentrés sur 15 % du territoire) creuse des fractures territoriales et socioéconomiques.

La Banque islamique de développement (BID) vient d’approuver un financement d’environ 207,05 millions d’euros au profit du Maroc. Cette enveloppe, qui place le Royaume parmi les principaux bénéficiaires de l’institution, cible deux priorités stratégiques: la sécurité hydrique et le développement de la chaîne de valeur aquacole.

Le financement accordé au Maroc comprend deux volets. Le premier, d’un montant de 188,82 millions d’euros, est destiné à des projets d’atténuation du stress hydrique. Il s’agit de la construction de nouveaux barrages et d’ouvrages connexes, mais aussi de la sécurisation de l’approvisionnement en eau et du transfert de l’excédent hydrique des bassins du Nord vers les régions du Sud, particulièrement touchées par la sécheresse. Ce volet illustre la priorité donnée à la souveraineté hydrique, devenue un enjeu structurant pour l’économie nationale.

Le second volet, d’un montant de 18,23 millions d’euros, concerne le développement de la chaîne de valeur de l’aquaculture continentale. L’objectif est de renforcer la pisciculture, de diversifier les sources de revenus et de créer de nouvelles opportunités d’emploi. À travers ce financement, la BID appuie la stratégie marocaine de valorisation des ressources halieutiques et de diversification des filières agricoles.

Ce sont donc au total 207,05 millions d’euros, soit près de 2,2 milliards de dirhams de financement alloués au Maroc, le plaçant parmi les principaux bénéficiaires du nouveau souffle de financement que cette banque s’est définie.

Un nouveau positionnement stratégique

En effet, au-delà des montants, ce financement traduit le nouveau positionnement stratégique de la banque. L’institution, qui regroupe 57 pays membres, a adopté en 2025 une feuille de route couvrant la période 2026-2035 et qui prévoit une montée en puissance de la capacité de financement, avec une augmentation significative des financements concessionnels.

Pour atteindre cet objectif, la BID dispose de trois leviers essentiels. Le premier consiste à atteindre l’excellence en matière de solutions pilotées à l’échelle de chaque pays membre. L’institution ambitionne de devenir le partenaire de développement de prédilection de ses membres, en favorisant des solutions adaptées aux besoins nationaux et en facilitant la transmission des ressources et des connaissances.

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Le deuxième levier s’appuie sur les principes islamiques de solidarité, d’équité et de pérennité. La Banque entend promouvoir une croissance durable et inclusive, renforcer la résilience des pays membres et soutenir les communautés musulmanes à travers le monde.

Le troisième, quant à lui, porte sur l’affectation des ressources à l’appui de la productivité et de la résilience. L’objectif est d’optimiser l’utilisation des financements et de tirer parti des avantages comparatifs, en mettant l’accent sur les infrastructures économiques à fort impact. Transport, énergie et agriculture figurent parmi les domaines prioritaires, avec une attention particulière portée aux projets capables de stimuler la productivité et d’intégrer les régions mal desservies.

Pour la BID, une stratégie de coopération Sud-Sud

À travers ce nouveau modèle, la BID entend renforcer son rôle de chef de file de la coopération financière Sud-Sud. Son approche se veut apolitique, anticonjoncturelle et axée sur la solidarité.

Pour le Maroc, ce positionnement ouvre des perspectives considérables. Déjà bénéficiaire de 464,5 millions de dollars en 2024, le Royaume devrait voir ses financements augmenter sensiblement dans les prochaines années, compte tenu de l’alignement de sa stratégie de développement avec les nouvelles orientations de la BID.

En somme, le financement de 2,2 milliards de dirhams accordé au Maroc par la BID illustre à la fois la priorité donnée à la sécurité hydrique et alimentaire et l’évolution stratégique de l’institution. En activant ses trois leviers, la BID confirme son ambition de devenir un acteur majeur du développement durable et de la résilience économique dans le monde musulman et au-delà.

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