Au mois de juillet dernier, les startups africaines ont levé quelques 550 millions de dollars.…
Startups: le Maroc se hisse dans le top 5 du financement MENA en juillet 2025
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Le Maroc s’impose discrètement mais fermement dans le paysage des startups du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord en juillet 2025, avec une levée de fonds notable menée par Ora Technologies. Le classement effectué par la plateforme Wamda et Digital digest place le Royaume dans le top 5 régional du financement entrepreneurial, dépassant l’Égypte et confirmant son potentiel en tant que hub technologique émergent.
D’après le ranking de la plateforme Wamda et Digital Digest, le Maroc a marqué une avancée stratégique dans le paysage entrepreneurial régional en juillet 2025. Et ce, grâce à la levée de fonds de 7,5 millions de dollars réalisée par Ora Technologies. Cette opération, bien que modeste en valeur absolue, a permis au royaume de se positionner à la quatrième place du classement MENA, devant l’Égypte, qui recule sous l’effet de tensions macroéconomiques et de volatilité monétaire.
Cette performance illustre l’attractivité croissante du marché marocain pour les investisseurs régionaux et internationaux, notamment dans les secteurs technologiques à fort potentiel. Elle témoigne également d’un changement de perception : le Maroc n’est plus seulement un marché périphérique, mais un acteur capable de capter des financements significatifs dans des domaines innovants.
Juillet 2025 a été un mois exceptionnel pour le financement des startups dans la région MENA. 57 startups ont levé un total de 783 millions de dollars, soit une hausse de 1 411 % par rapport au mois précédent et plus du double du montant enregistré en juillet 2024. Cette envolée est principalement due à deux méga-deals : Ninja, dans le e-commerce, et XPANCEO, dans le deeptech, qui à eux seuls représentent 56 % du total mensuel.
L’Arabie saoudite conserve sa position de leader régional avec 396,5 millions de dollars levés sur 16 opérations, suivie des Émirats arabes unis avec 359 millions répartis sur 22 startups. L’Irak crée la surprise en troisième position grâce à un unique deal de 15 millions de dollars pour InstaBank. Le Maroc, avec Ora Technologies, se classe quatrième, devant l’Égypte, reléguée en cinquième position avec seulement 4 millions de dollars levés sur sept startups.
Startups : Recomposition sectorielle et déséquilibre persistant
Le mois de juillet a également été marqué par une recomposition sectorielle. Pour la première fois depuis plusieurs mois, le deeptech prend la tête du classement sectoriel avec 250,3 millions de dollars levés sur quatre opérations, à égalité avec le e-commerce. Les startups SaaS suivent avec 89 millions de dollars, tandis que le fintech recule à la quatrième place avec 61 millions.
Ce glissement traduit une préférence accrue des investisseurs pour les modèles à forte intensité technologique et propriété intellectuelle, ainsi que pour les plateformes évolutives orientées vers le consommateur.
Les startups B2C ont dominé les levées de fonds avec 534 millions de dollars, contre 202,4 millions pour les modèles B2B. Ce retour en force du modèle orienté consommateur marque une rupture avec les tendances du début d’année, où les solutions d’entreprise étaient privilégiées.
En revanche, le déséquilibre de genre reste préoccupant. Les startups fondées par des hommes ont capté 774,5 millions de dollars sur 43 deals, tandis que les équipes mixtes ont levé 5,8 millions et les startups dirigées par des femmes seulement 3 millions sur huit opérations. Malgré une visibilité croissante des femmes entrepreneures, l’écart de financement demeure profond.
Sept mois après le début de l’année, le financement des startups MENA a déjà dépassé le total annuel de 2024. Cette dynamique confirme la maturation de l’écosystème régional, avec une diversification des pôles d’investissement au-delà des hubs traditionnels. L’émergence de marchés comme l’Irak et le Maroc dans le classement reflète une évolution des priorités des investisseurs, qui cherchent à conjuguer scalabilité immédiate et potentiel à long terme.
Le Maroc, en se positionnant dans le top 5, démontre sa capacité à intégrer cette dynamique. Pour consolider cette avancée, il lui faudra structurer un pipeline de projets innovants, renforcer les mécanismes d’accompagnement et accroître la visibilité internationale de ses startups.
