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Focus PME by Attijariwafa bank. Avec Truck Finance Morocco, la logistique marocaine passe à la vitesse supérieure
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Au cœur de la révolution logistique qui accompagne la montée en puissance de l’industrie marocaine, certaines PME s’imposent comme des maillons stratégiques. C’est le cas de Truck Finance Morocco (TFM), une entreprise implantée à Tanger et spécialisée dans la vente, la location et la maintenance de matériel de manutention. Badr Zouiten, cofondateur et dirigeant de TFM, revient sur les mutations du marché, l’essor de la location et les investissements qui permettent à l’entreprise d’accompagner la modernisation des plateformes industrielles marocaines.
Encore jeune sur le marché, Truck Finance Morocco s’est rapidement imposée comme un acteur de référence dans l’équipement logistique. La société distribue au Maroc les engins de manutention de la marque Mitsubishi ainsi que les systèmes de rayonnage industriel de Stow. « La complémentarité de ces deux cartes nous permet de répondre à des besoins de grande ou moyenne ampleur », explique Badr Zouiten. TFM opère à un moment charnière pour le secteur. « Le Maroc est lancé dans une dynamique de modernisation de ses plateformes logistiques. L’industrie se reconvertit vers des normes de stockage et de distribution qui se rapprochent des standards européens. » Dans ce contexte, les entreprises cherchent à maximiser leur rendement tout en maîtrisant leurs coûts, d’où le recours à des solutions flexibles, comme la location.
Le virage stratégique de la location
Le modèle de la location d’équipements, encore marginal il y a quelques années, connaît une forte montée en puissance. « On assiste à un vrai shift. Avant, on achetait pour posséder. Aujourd’hui, les entreprises veulent surtout l’usage des machines. » Ce changement de paradigme s’explique autant par des raisons financières que pratiques. La location permet de garder un parc toujours performant, sans subir les charges liées à l’entretien ou à la revente. Mais elle suppose un effort capitalistique important de la part du loueur. D’autant plus que la fiabilité des machines est essentielle. « Une heure de panne peut mettre à l’arrêt toute une usine. » C’est pourquoi TFM veille à proposer du matériel conforme aux normes européennes, assorti d’un service d’entretien robuste. Les équipes techniques de l’entreprise sont formées à la Logisnext Academy de Mitsubishi, avec un niveau d’exigence élevé. « C’est 0 ou 100 %, il n’y a pas d’entre-deux. »
Flexibilité, réactivité et solutions digitales
Au-delà de la location longue durée, la location courte durée (LCD) constitue une alternative précieuse pour les petites structures qui souhaitent répondre à un pic d’activité sans immobiliser leur trésorerie. « Ces PME peuvent organiser leur travail pour louer une machine sur une à deux semaines. Le coût est un peu plus élevé, mais cela évite d’alourdir leur cash-flow. »
Côté service, TFM investit dans des outils de gestion innovants. Une nouvelle interface de chatbot via WhatsApp permettra bientôt aux clients de piloter leur parc, de formuler des demandes de maintenance ou de dépannage de manière autonome. « On va probablement diviser par cinq notre temps de réponse en cas de problème », anticipe Badr Zouiten.
L’entreprise fonde son développement sur des partenariats techniques et humains exigeants. La collaboration avec Mitsubishi et Stow, mais aussi la relation de confiance avec ses clients industriels, sont des piliers de sa croissance. « Le client marocain est exigeant. Il faut l’écouter, comprendre ses contradictions parfois, et l’accompagner vers des choix qui lui seront bénéfiques », explique-t-il. Cette proximité de terrain est renforcée par une implantation sur deux pôles stratégiques : Casablanca et Tanger, au plus près des plateformes industrielles.
L’appui financier de AWB, levier de développement
Le modèle économique de Truck Finance Morocco repose sur des investissements importants, en particulier dans l’acquisition de matériel. « Si vous passez sur une valeur moyenne de 250 000 dirhams par machine, et que vous avez un parc de dix machines, on est tout de suite à 2,5 millions de dirhams en prix d’achat. C’est un modèle extrêmement capitalistique », affirme Badr Zouiten.
Dans ce contexte, le financement joue un rôle essentiel : « Nous sommes deux associés cofondateurs chez TFM, mais il y a un troisième associé : c’est l’organisme financier. »
L’entreprise bénéficie d’un accompagnement structurant de Attijariwafa Bank, qui intervient dans une logique de partenariat raisonné : « C’est un partenaire qui comprend notre business, qui évalue le risque, qui nous met des garde-fous utiles, mais qui aussi prend sa part de risque quand il y croit. Et nous, chez TFM, nous sommes satisfaits de cet accompagnement. »
Une ambition nationale
TFM prépare son déploiement vers le sud du Royaume, avec un intérêt marqué pour Agadir, point de convergence des secteurs halieutique, agroalimentaire et logistique. L’entreprise suit également de près les perspectives offertes par Dakhla. « On a vu ce qui s’est passé avec Tanger Med. Beaucoup étaient sceptiques, et c’est aujourd’hui une réussite éclatante. Dakhla peut suivre le même chemin. »
Mais au-delà de la croissance géographique, Badr Zouiten insiste sur un levier plus large de transformation économique : « Ce qu’on aimerait voir, c’est que les petites PME marocaines fassent plus d’outsourcing de leur logistique. C’est ce qui se passe en Europe. Là-bas, les petites structures fabriquent, mais délèguent le stockage à des plateformes spécialisées. Ici, le post-stockage coûte énormément d’argent. Travailler avec des professionnels du métier permettrait à ces entreprises de concentrer leurs ressources sur leur croissance. » Et d’ajouter pour conclure : « La location fonctionne bien, elle permet d’avoir toujours du matériel à jour. Mais le vrai gisement de croissance, au Maroc, il est dans la professionnalisation des PME. Ce n’est pas dans les grandes entreprises que ça va se jouer. »

