Affaire «Escobar du Sahara»: Abdenbi Bioui nie tout lien avec «le Malien»

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Escobar du Sahara, Abdenbi Bioui, Parti Authenticité et Modernité , PAM, Le Malien
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La Cour d’appel de Casablanca a été le théâtre, jeudi, d’une audience mouvementée dans le cadre du procès de l’affaire dite de «l’Escobar du Sahara».  Abdenbi Bioui, ancien président de la région de l’Oriental et ex-dirigeant du Parti Authenticité et Modernité (PAM), a été interrogé sur ses liens présumés avec le principal accusé, Haj Ben Brahim, surnommé «Le Malien».

Devant la cour, Bioui a réaffirmé n’avoir plus aucun lien avec la villa située à Californie, déclarant l’avoir vendue à son beau-frère, lui aussi incarcéré dans cette affaire. Il s’est dit prêt à confronter les témoins qui affirment l’avoir vu, en compagnie de son camarade du PAM, Saïd Naciri, ancien président du WAC, lors de la remise des clés et du paiement de la villa.

Le tribunal a ensuite interrogé Bioui sur les déclarations de Saïd Naciri devant la police judiciaire. Selon Naciri, Haj Ben Brahim, surnommé «l’Escobar du Sahara» ou encore «Le Malien», aurait résidé dans cette villa en 2013 et en aurait reçu les clés. Bioui a nié toute connaissance de ces faits, répétant qu’il avait cédé la propriété et qu’elle ne le concernait plus.

La cour a également confronté Bioui aux déclarations du «Malien», selon lesquelles Bioui lui-même lui aurait remis les clés de la villa, où il aurait résidé avec son ex-épouse, la chanteuse Latifa Raafat. Là encore, Bioui a nié toute implication ou connaissance de ces faits postérieurs à la vente.

Concernant le paiement de la villa, «Le Malien» avait affirmé devant la police qu’il avait été effectué en espèces, via un changeur de devises. Bioui a toutefois dénoncé des incohérences dans ces déclarations, expliquant que le nom du changeur cité initialement avait été modifié après qu’il eut été révélé que ce dernier purgeait une peine de dix ans de prison.

Accusation de vol contre la mère de son ex-épouse

L’audience a aussi abordé une autre affaire dans laquelle Bioui accuse la mère de son ex-épouse, Samia Moussa, de vol. Il a confirmé avoir porté plainte après avoir trouvé son appartement du quartier Maarif à Casablanca complètement fouillé. Le gardien de l’immeuble aurait attesté de la présence de la mère de son ex-épouse, accompagnée d’une domestique, sortant avec des valises pleines.

Bioui affirme que les objets volés comprenaient 200.000 dirhams en liquide, des bijoux et des montres de luxe, pour une valeur totale estimée à 6 millions de dirhams.

Lire aussi: Affaire «Escobar du Sahara»: premier face-à-face judiciaire tendu pour Abdenbi Bioui

La cour lui a alors présenté les déclarations de la mère de son ex-femme. Cette dernière soutient que l’accusation de vol aurait été montée de toutes pièces par Bioui pour contraindre sa fille à retirer sa plainte pour faux contre lui. Elle a ajouté que les bijoux évoqués étaient conservés dans un coffre loué auprès de Bank Al-Maghrib, et non à la maison, précisant qu’elle s’était uniquement rendue sur place pour récupérer les affaires personnelles de sa fille.

Bioui a contesté ces affirmations, assurant que la mère avait bel et bien emporté ses propres bijoux et non uniquement les effets de sa fille. Il a déclaré : «Si rien n’avait été volé, pourquoi les objets ont-ils été déplacés? Les personnes poursuivies sont bien ici pour des biens volés».

« Je ne possède aucune société à Casablanca »

Un enregistrement audio évoquant une transaction de 330.000 dirhams pour l’acquisition d’un appartement, de commerces et d’une villa a également été présenté au tribunal. Bioui a rejeté en bloc ces allégations, précisant que l’enregistrement ne mentionne ni camions ni drogues, et qu’il n’a jamais reçu cette personne dans ses bureaux. Il a ajouté ne posséder aucune société à Casablanca, et qu’il vit à Rabat depuis cinq ans, après avoir quitté son logement casablancais.

Relation suspecte avec « Dalila »

Concernant son lien avec «Dalila», également mise en cause dans cette affaire, Bioui a nié toute relation suspecte, précisant qu’elle n’était que la couturière de son ex-épouse.

Le juge l’a interrogé sur l’absence d’intervention de Dalila en tant qu’amie pour apaiser les tensions avec sa femme. Il a répondu qu’il n’existait aucun lien ambigu entre eux et que leur présence simultanée dans un hôtel à Ifrane était une pure coïncidence.

S’agissant d’un enregistrement audio fourni par Dalila, où la domestique reconnaît avoir transporté un sac jusqu’à son domicile dans le cadre des accusations de vol portées par Bioui contre son ex-épouse, il a affirmé que l’enregistrement avait été fait à l’initiative de Dalila pour se disculper, niant l’avoir menacée ou forcée.

La cour a relevé le nombre élevé d’appels téléphoniques entre Bioui et Dalila durant la période de détention de la mère de son ex-femme, lesquels se sont interrompus après sa libération. Bien que les rapports fassent état d’environ 3000 communications, Bioui a assuré ne pas être au courant de cet échange.

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