Atlantic Council: avec la résolution de l’ONU sur le Sahara, le Maroc signe une nouvelle “Marche verte diplomatique”

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Atlantic Council : le CS inaugure avec son vote sur le Sahara une «Marche verte diplomatique»
Résolution de l’ONU sur le Sahara : le Maroc signe une nouvelle “Marche verte diplomatique”, selon Atlantic Council © DR

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, le 31 octobre, une résolution qualifiée par l’Atlantic Council de « basculement historique consacrant la proposition marocaine de 2007 » faisant de cette percée une « nouvelle marche verte diplomatique ».

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a franchi un cap historique en adoptant une résolution révolutionnaire sur le Sahara, reconnaissant la proposition d’autonomie marocaine comme la solution la plus viable pour ce territoire. Ce vote représente bien plus qu’un simple changement de position diplomatique : il constitue une validation internationale du plan marocain et ouvre la voie vers la fin d’un conflit qui dure depuis un demi-siècle.

La proposition d’autonomie marocaine place les territoires sahariens sous souveraineté nationale et referme un demi-siècle de rivalités régionales entre Rabat et Alger. L’analyse souligne que cette décision représente « une rupture nette avec l’équilibre immobile recherché depuis des décennies » et qu’elle ouvre la voie à un règlement durable pour des populations sahraouies maintenues, depuis cinquante ans, dans une impasse née de la confrontation maroco-algérienne.

Un tournant historique comparable à la Marche Verte

L’analyse rappelle que ce vote décisif est intervenu à la veille de la commémoration de la Marche verte de 1975, décrite comme « une mobilisation pacifique de 350.000 personnes ayant ouvert la voie au départ de l’administration espagnole ». A ce moment charnière, le Maroc réaffirmait ses droits historiques tandis que le Front Polisario proclamait une entité séparatiste revendiquant l’indépendance totale.

Le conflit armé qui s’ensuivit, suspendu par le cessez-le-feu de 1991, laissa la région scindée autour d’un imposant rempart défensif et d’un processus diplomatique figé. Depuis 1963, rappelle l’analyse, « le Sahara occidental figure parmi les dossiers de décolonisation les plus tenaces de l’ONU ».

Le réalisme l’emporte sur l’idéalisme

La nouvelle résolution écarte désormais les deux scénarios longtemps envisagés — partage territorial ou référendum — jugés impraticables. L’Atlantic Council souligne que le texte met en avant « l’élaboration d’une autonomie véritable au sein de l’unité nationale marocaine » et affirme soutenir pleinement l’envoyé personnel du secrétaire général pour engager des discussions fondées sur la proposition d’autonomie, invitant les parties à y participer « sans conditions préalables ».

Les anciennes approches de la Minurso sont qualifiées « d’impertinentes et inapplicables » face à la complexité démographique de la région. L’étude rappelle aussi que le référendum est « presque impossible à organiser », les populations hassanies ayant circulé depuis des siècles entre le nord du Maroc, la Mauritanie, le Mali et l’Algérie, sans oublier les mouvements massifs des cinquante dernières années entre les zones contrôlées par le Maroc et les camps de Tindouf.

La Victoire Diplomatique du Maroc : Une Nouvelle Ère pour le Sahara
Un homme présente une carte à l’effigie du roi Hassan II du Maroc attestant de sa participation à la Marche verte il y a 30 ans, lors d’une cérémonie commémorant cet événement à El Aaiun, au Sahara occidental, le 6 novembre 2005. © Juan Medina/REUTERS

Le Front Polisario a rejeté la résolution, estimant qu’elle « viole le statut de décolonisation du territoire ». Toutefois, l’étude affirme que le Maroc traverse aujourd’hui « un moment comparable à celui de 1975 », porté par une succession de succès diplomatiques orientés vers un règlement durable.

Un soutien international massif

Selon l’analyse d’Atlantic Council, l’ONU « ne fait que rattraper des réalités déjà bien établies », le soutien international au Maroc ayant pris un tournant majeur en 2020 lorsque l’administration Trump reconnut la souveraineté marocaine. Peu après, la France et l’Espagne — anciennes puissances administratives responsables des frontières actuelles — ont clairement soutenu Rabat, suivies par le Royaume-Uni, la Belgique, Israël et de nombreux pays arabes, africains et latino-américains ayant ouvert des représentations diplomatiques ou engagé des investissements importants dans les provinces sahariennes.

L’actuelle administration américaine est décrite comme « plus résolue », voyant dans ce dossier « un succès politique accessible ». Washington aurait indiqué à Staffan de Mistura que « la seule voie possible passe par la souveraineté du Maroc », accentuant l’affaiblissement d’une Minurso déjà fragilisée par la baisse des financements américains. Une version préliminaire de la résolution, divulguée récemment, aurait d’ailleurs présenté un ton encore plus affirmatif en faveur du Maroc, avec la possibilité d’un mandat Minurso réduit à trois mois.

Une vision de développement ambitieuse

L’étude révèle aussi des efforts diplomatiques directs menés par les États-Unis : Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique, aurait piloté plusieurs négociations bilatérales intensives, réaffirmant l’appui à Rabat et annonçant un futur consulat américain à Dakhla. L’envoyé pour la paix, Steve Witkoff, a évoqué un accord Maroc–Algérie « imminent », lors d’un entretien réalisé en présence de Jared Kushner, présenté comme « un ardent défenseur du Maroc ».

Les Émirats arabes unis jouent également un rôle clé. Selon l’étude, ils ont mobilisé « toute leur capacité diplomatique » auprès des membres permanents du Conseil, notamment la France et la Russie, en faveur du projet américain. Le président Mohamed Ben Zayed, ancien élève de l’Académie royale du Maroc et participant à la Marche verte, aurait renforcé cette dynamique, le pays ayant investi 30 milliards de dollars au Maroc et ouvert en 2020 le premier consulat arabe à Laâyoune.

Les défis de la mise en œuvre

Le principal défi réside désormais dans la mise en œuvre concrète de l’autonomie. Le Maroc poursuit des projets qualifiés de « stratégiques », notamment l’Initiative atlantique destinée à relier économiquement le Sahara aux pays sahéliens. Le port Dakhla Atlantique, estimé à 1,2 milliard de dollars, pourrait traiter 35 millions de tonnes de marchandises dès 2028. D’autres projets touristiques structurants sont en cours.

Le Maroc devra présenter, dans les douze mois, un programme complet de régionalisation avancée, incluant gouvernance locale, répartition des compétences et modalités électives. Ces étapes impliqueront des réformes constitutionnelles et un référendum national. Le principal obstacle demeure l’acceptation, par le Front Polisario, d’une participation aux négociations sous souveraineté marocaine.

Victoire diplomatique majeure 

Parallèlement, des signaux politiques récents sont jugés encourageants : visite du Roi Mohammed VI aux Émirats arabes unis, apaisement entre Alger et Paris illustré par la grâce accordée à Boualem Sansal, et appel royal à « aucun vainqueur, aucun vaincu » pour relancer l’Union du Maghreb. Autant d’éléments qui alimentent la prévision d’un possible accord régional dans les prochains mois.

L’analyse conclut que la résolution constitue « une étape essentielle consacrant l’option la plus crédible et la plus réaliste » pour mettre fin à un demi-siècle de tensions. La construction d’une autonomie effective exigera toutefois un travail approfondi en gouvernance, gestion des ressources et valorisation des traditions culturelles, avant d’envisager ce que l’étude appelle « une seconde Marche verte pacifique ».

Lahcen Haddad, Conseiller istiqlalien, ancien ministre du Tourisme et également président de la commission parlementaire mixte Maroc-UE, a considéré que « lorsque l’Atlantic Council qualifie le vote de l’ONU sur le Sahara occidental de « marche verte diplomatique », le message est sans équivoque : Le monde se tourne de plus en plus vers l’initiative d’autonomie marocaine, considérée comme la seule voie crédible. Une victoire majeure pour la diplomatie marocaine et la stabilité régionale».

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