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Benkirane : « La monarchie marocaine est la meilleure du monde arabe »
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Lors d’une rencontre avec la jeunesse de son parti, Abdelilah Benkirane a salué la solidité de la monarchie marocaine qu’il considère comme la meilleure du monde arabe, tout en adressant de vives critiques au gouvernement actuel et à la dérive des partis politiques.
Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), a affirmé que « le système monarchique marocain est le meilleur du monde arabe », estimant que si la situation économique du pays n’est pas la meilleure, elle reste loin d’être la pire, et que le Maroc se distingue favorablement en matière de démocratie et de droits humains par rapport à d’autres pays de la région.
S’exprimant samedi 9 novembre lors d’une rencontre avec le rassemblement politique des jeunes de son parti, Benkirane a rappelé que toutes les tentatives visant à changer le régime monarchique au Maroc ont échoué, ajoutant que même la France coloniale n’avait pas aboli cette institution, consciente de son importance historique.
Il a illustré ses propos par un épisode du passé. « Le roi Moulay Youssef, bien que sous protectorat français, préservait la dignité du trône. Le maréchal Lyautey lui baisait la main en public et disait aux Français : “C’est un grand homme, laissez-moi le traiter avec le respect qu’il mérite” », a-t-il raconté.
Évoquant la stabilité institutionnelle, il a souligné que le roi Mohammed V, bien qu’étroitement lié au Parti de l’Istiqlal, a toujours maintenu une certaine distance politique, tout comme Hassan II dans son jeu d’équilibre avec l’Union nationale des forces populaires (UNFP) et bien d’autres formations politiques.
Quant à Mohammed VI, Benkirane a rappelé qu’en 2011, lors du mouvement du 20 février, il avait convoqué les responsables politiques avant les hauts fonctionnaires, leur déclarant : « C’est votre moment, le moment des politiques. »
L’ancien chef du gouvernement a défendu l’idée selon laquelle la monarchie marocaine ne garantit pas seulement la stabilité, mais protège aussi les plus faibles contre les abus des puissants. « On peut gérer les puissants, mais il ne faut jamais les laisser dominer les autres », a-t-il averti.
Entre « partis nationaux » et « parti de l’administration »
Concernant les partis politiques, Benkirane a distingué ceux nés d’une volonté populaire – comme l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) ou le PJD – de ceux créés par l’État pour des raisons circonstancielles, citant notamment le Rassemblement national des indépendants (RNI), l’Union constitutionnelle (UC) et le Parti authenticité et modernité (PAM).
Selon lui, les partis politiques ont perdu la confiance des citoyens à mesure qu’ils ont délaissé la lutte politique pour des compromis et des calculs d’intérêt. « Quand les partis se battent pour des idées, les gens les suivent. Mais quand ils cherchent les postes, ils perdent leur âme », a-t-il déploré.
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Reconnaissant que cette dérive a également touché son propre parti après son passage au gouvernement, il a ajouté: « Nous avons traversé des étapes difficiles, mais le PJD reste debout, grâce à Dieu ».
Benkirane attaque Akhannouch et Ouahbi
S’attaquant au gouvernement actuel, Benkirane a critiqué l’absence des ministres de l’actuel exécutif de la scène médiatique. « Je ne connais presque aucun ministre aujourd’hui. Même les journalistes se plaignent de leur silence », a-t-il dit.
Et de poursuivre avec un message direct au Chef du gouvernement et président du RNI. « Monsieur Aziz Akhannouch n’a aucune expérience politique. Il est entré en politique avec son argent, mais la politique, ce n’est pas seulement l’argent : c’est la compréhension, la communication, la proximité avec le peuple », a-t-il estimé.
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Enfin, dans une pique lancée à l’encontre de son ami d’hier et rival d’aujourd’hui, le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi, dont les aveux publics sur une villa offerte à son épouse sans déclaration de sa vraie valeur avaient défrayé la chronique, il a exhorté les Marocains à plus d’honnêteté fiscale. « Le premier mensonge chez beaucoup de Marocains, c’est la déclaration d’impôts. Le revenu que Dieu t’a destiné ne se perdra pas. Si les taxes sont trop élevées, combats-les, mais ne mens pas », a-t-il dit appelant les jeunes à éviter les mensonges.
