Concours d’accès aux écoles d’ingénieurs: les étudiants dénoncent des dysfonctionnements graves

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Concours d’accès aux écoles d’ingénieurs: les élèves ingénieurs dénoncent de graves dysfonctionnements
© Collage H24Info

La Coordination nationale des élèves ingénieurs (CNEIM) alerte sur des irrégularités «organisationnelles et administratives» qui ont entaché le concours national commun d’accès aux écoles et instituts de formation en ingénierie, et réclame des explications urgentes des ministères concernés.

Dans une lettre adressée au ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Saâd Berrada, et à celui de l’Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui, la CNEIM pointe une série de dysfonctionnements. Plusieurs candidats auraient souffert d’un retard dans la validation des frais d’inscription, bien que les montants aient été débités dans les délais.

La situation s’est aggravée avec la publication d’une première liste erronée d’admis, remplacée quelques heures plus tard par une version modifiée excluant une trentaine d’étudiants. L’explication officielle – un « bug Excel » – a provoqué un choc psychologique chez les candidats concernés et leurs familles, sans qu’aucune excuse ne leur soit présentée.

Des convocations tardives et un calendrier brouillé

La coordination dénonce aussi des convocations envoyées seulement deux jours avant les épreuves orales, ce qui a entraîné un chevauchement avec les examens organisés en France. Certains candidats ont ainsi dû se déplacer dans des conditions difficiles, sans prolongation officielle annoncée.

De plus, certaines attestations délivrées portaient encore le logo de l’édition précédente, et des cas d’abandon définitif ont été constatés lors de la phase d’affectation, malgré une confirmation initiale de participation.

Les revendications des élèves ingénieurs

Face à ces anomalies, la CNEIM exige : des explications officielles sur les causes réelles de ces dysfonctionnements,
la régularisation des situations des candidats lésés, notamment sur les affectations, le report de la deuxième phase de mobilité, afin d’assurer une meilleure organisation et l’ajout d’une troisième phase de mobilité pour garantir plus d’équité.

L’organisation appelle aussi à renforcer la transparence du processus, en permettant l’accès aux copies et résultats, en clarifiant les critères de répartition, la méthodologie de correction et les outils de communication.

Un rejet persistant de l’unification des concours

Au-delà des dysfonctionnements techniques, la CNEIM réitère son opposition ferme à l’unification des concours d’admission entre les écoles nationales des arts et métiers (ENAM) et les écoles nationales des sciences appliquées (ENSA).

En juin 2024 déjà, sous l’ancien ministre Abdellatif Miraoui, la pression des élèves ingénieurs avait conduit à l’abandon d’un projet d’unification jugé « dangereux pour l’identité et la valeur » des formations d’ingénieurs marocaines.

Le ministère de l’Enseignement supérieur avait fixé deux concours distincts pour l’été 2024 : celui des ENAM le 29 juillet, et celui des ENSA le 27 du même mois.

La Coordination, qui regroupe les représentants de 26 établissements de formation d’ingénieurs au Maroc, menace désormais d’une « escalade sans précédent » si ses revendications ne sont pas entendues. Elle appelle à rétablir la confiance dans le processus de sélection et à protéger la réputation des écoles d’ingénieurs marocaines.

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