Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé jeudi soir à l'unanimité et pour quatre ans…
Conseil de sécurité de l’ONU: l’Algérie sort bredouille après un mandat de deux ans
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La résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée sans opposition, confirme la marocanité du Sahara et consacre l’autonomie comme unique voie crédible. Pour l’Algérie, membre non permanent sortant, c’est un échec diplomatique retentissant après deux ans d’efforts stériles à l’ONU.
C’est un revers symbolique et stratégique pour Alger : le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté vendredi dernier la résolution 2797, renouvelant son appui au plan d’autonomie marocain et confirmant qu’il constitue « le cadre réaliste, pragmatique et crédible » pour un règlement durable du différend du Sahara.
Le coup est d’autant plus dur qu’il intervient alors que l’Algérie achève –dans quelques semaines– son mandat de deux ans comme membre non permanent du Conseil de sécurité, une période que sa diplomatie présentait comme « historique » pour influencer le dossier saharien.
Deux années d’attente… pour aucun résultat
Il y a deux ans, Alger célébrait son élection au Conseil de sécurité, la considérant comme une victoire stratégique qui lui permettrait de renverser la vapeur et d’infléchir les tendances concernant la question de l’intégrité territoriale du Maroc et ses acquis durant les cinq dernières années en termes de consécration de la marocanité du Sahara.
Pourtant, à quelques semaines de la fin de ce mandat, le bilan est désastreux : aucun progrès pour le front séparatiste, et une marginalisation croissante de la position algérienne au sein de l’ONU et dans son périmètre régionale.
Le premier revers remonte à 2024, lors du vote de la résolution 2756, quand le représentant algérien a quitté la salle après le rejet de sa proposition visant à élargir le mandat de la MINURSO à la surveillance des droits humains dans les provinces du Sud. C’était un geste inédit dans l’histoire récente du Conseil, perçu comme le signe d’un isolement profond d’Alger.
Un nouvel épisode d’isolement
Le scénario s’est répété le 31 octobre 2025: l’Algérie s’est de nouveau retirée avant l’adoption de la résolution 2797. Or, cette fois, le texte adopté affirme sans ambiguïté que l’autonomie sous souveraineté marocaine est la seule voie réaliste vers un règlement pacifique — sans mention du référendum ou du «droit à l’autodétermination», piliers de la rhétorique algérienne depuis des décennies.
Au cours de la même période, la diplomatie marocaine a enchaîné les succès. En juillet 2024, la France a reconnu officiellement la souveraineté du Maroc sur son Sahara, considérant le plan d’autonomie comme la seule base crédible pour un règlement durable.
Quelques mois plus tard, en juin 2025, le Royaume-Uni a suivi le même chemin: depuis Rabat, David Lammy , ministre des Affaires étrangères britannique, a qualifié la proposition marocaine de «réaliste et crédible», une première historique pour Londres.
Pour le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita, ces positions reflètent un «tournant profond dans un Conseil de sécurité difficile et fragmenté», où le Maroc a su bâtir un consensus international inédit.
Une fin de mandat au goût amer
Alors que son mandat de deux ans touche à sa fin en décembre prochain, l’Algérie quitte le Conseil de sécurité sans le moindre gain diplomatique. Aucune résolution n’a repris ses arguments, aucun soutien nouveau n’a émergé, et le dernier vote a, au contraire, renforcé la légitimité du plan d’autonomie marocain.
De l’aveu même de son ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf, l’Algérie a failli voter en faveur de la résolution 2797 du Conseil de sécurité consacrant le plan d’autonomie marocain comme solution politique «réaliste et crédible» au différend du Sahara.
En somme, le siège qu’Alger présentait comme un levier d’influence est devenu le symbole de son échec, tandis que Rabat signe l’un de ses plus grands succès diplomatiques au sein de l’ONU depuis le début du conflit.
La voie pour un retour sur la scène internationale
Acculée sur le plan géopolitique avec des relations tendues vis-à-vis de son entourage direct, notamment le Maroc et les pays du Sahel, l’Algérie se voit contrainte de répondre favorablement cette fois à l’énième main tendue du Roi Mohammed VI.
Dans ce sillage, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita a déclaré sur 2M que « la résolution adoptée n’a été rejetée par aucun pays », soulignant par ricochet que l’Algérie ne s’y est pas opposée. Il a ajouté que le Maroc ne perçoit pas la position algérienne comme un obstacle à un éventuel rapprochement: « Si la volonté politique existe, il est toujours possible d’ouvrir une nouvelle page entre les deux pays. Personne ne connaît mieux l’Algérie que le Maroc, et personne ne connaît mieux le Maroc que l’Algérie. »
Une avancée diplomatique plutôt qu’une “victoire humiliante”
Afin de laisser une porte de sortie «digne» à ses adversaires, Bourita a déclaré que le Maroc ne perçoit pas la dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara comme une “victoire humiliante” pour eux, mais plutôt comme une avancée diplomatique qui doit ouvrir la voie à un règlement équilibré et durable.
Il a insisté sur la nécessité d’un dialogue franc et direct avec Alger, tout en refusant toute lecture triomphaliste : «Le Maroc ne voit pas dans cette résolution une victoire qui rabaisse l’autre partie. Le Conseil de sécurité a reconnu la justesse de la position du Royaume, mais nous la recevons avec un sens de responsabilité et dans l’esprit d’une solution sans vainqueur ni vaincu, préservant la dignité de tous.»
Un appel à la raison
Selon le chef de la diplomatie, la réconciliation –si volonté politique il y a– n’est plus un choix, mais une exigence géopolitique, compte tenu des mutations régionales et des appels répétés à la stabilité maghrébine.
Dans le même esprit, Massad Boulos, conseiller principal du président américain Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient, a souligné sur France 24 que le Maroc et l’Algérie disposent aujourd’hui d’une « opportunité historique » pour rétablir la confiance et ouvrir une nouvelle ère de coopération bilatérale.
