Le président du Sénat, Gérard Larcher, est arrivé ce dimanche à Rabat pour une visite…
Frais de scolarité AEFE : Le Sénat français lance une mission d’enquête au Maroc
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Face à la fronde inédite des parents d’élèves au Maroc, le Sénat français dépêche une mission d’information pour examiner la gouvernance de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).
Alors que la colère des parents d’élèves gronde dans tout le Royaume face à l’envolée des frais de scolarité, le Sénat français vient de dépêcher une mission d’information pour enquêter sur la gestion de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) au Maroc.
À Rabat, Kénitra ou Casablanca, les familles disent ne plus pouvoir suivre : la «Mission» est devenue un luxe difficilement soutenable. Entre les rassemblements devant les établissements et les 3.000 lettres de protestation déposées à l’ambassade de France, la mobilisation est inédite. Au cœur du conflit : une hausse brutale des tarifs, qualifiée par les parents d’« abus financiers insupportables ».
Longtemps considéré comme un pilier du rayonnement culturel français, le réseau marocain subit de plein fouet le désengagement budgétaire de Paris. Pour compenser les 78 millions d’euros de coupes opérées en trois ans, l’AEFE a reporté la charge sur les familles. Celles‑ci financent désormais près de 80 % du budget des établissements.
Les parents dénoncent un effet « rouleau compresseur » : les frais augmentent, mais les moyens pédagogiques stagnent, voire reculent. Plus préoccupant encore, les fonds de réserve des établissements en gestion directe (EGD) au Maroc sont ponctionnés pour éponger les déficits du réseau mondial, réduisant la capacité d’investissement local.
Une mission sénatoriale pour briser l’omerta
C’est dans ce contexte explosif que les sénateurs Yan Chantrel et Mathilde Ollivier ont lancé leur mission d’information. Leur objectif : établir un diagnostic global du réseau marocain et comprendre pourquoi les instances de gouvernance semblent de plus en plus sourdes aux alertes répétées des associations de parents.
La mission du Sénat français devra déterminer si un pilotage centré sur l’équilibre financier reste compatible avec l’ambition diplomatique de la France.
Une contestation qui s’étend à tout le Royaume
Partout, les parents d’élèves dénoncent une série de hausses pouvant atteindre près de 10.000 dirhams par enfant, appliquées dès cette année scolaire.
Adoptée le 18 décembre par le conseil d’administration de l’AEFE, cette décision est perçue comme un basculement vers un modèle plus marchand et socialement excluant.
À Marrakech, un collectif regroupant trois associations parle d’un « glissement du service public vers un modèle sélectif ». À Rabat, les familles dénoncent une réponse «avant tout comptable », sans vision pluriannuelle ni débat sur les alternatives possibles.
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Toutes pointent le même mécanisme : le transfert progressif du coût des pensions civiles des personnels détachés vers les EGD, entraînant des hausses de 5,7% cette année, 7% l’an prochain, et une augmentation des frais d’inscription pouvant atteindre 30.000 dirhams pour une première scolarisation.
Une équation budgétaire qui menace le modèle
En transférant progressivement la charge financière vers les familles, l’AEFE fragilise l’un des instruments d’influence les plus précieux de la France au Maroc.
La mission sénatoriale devra formuler des propositions d’ici l’été pour enrayer cette spirale inflationniste et tenter de préserver ce qui faisait la force de l’enseignement français à l’étranger : un modèle ouvert, attractif et accessible.
