Mohamed Hassad, ministre de l’Éducation nationale, a demandé aux enseignants d’écoles et aux fonctionnaires du…
Université: les enseignants progressistes annoncent le boycott de la rentrée
Publié le
Dans une démarche de pression avant l’heure, le courant des enseignants progressistes au sein du Syndicat national de l’enseignement supérieur annonce un plan de mobilisation exceptionnel incluant une grève nationale, le boycott de la rentrée universitaire et une manifestation devant le Parlement, reflétant les tensions internes sur la hiérarchisation des priorités entre réforme du système universitaire et revendications salariales et professionnelles.
Le courant des enseignants chercheurs progressistes du Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) a décidé d’entrer dans une grève nationale progressive, incluant la suspension de la rentrée universitaire, quelques heures seulement avant la réunion prévue entre la direction du syndicat et le ministre de l’Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui.
Selon un communiqué, cette décision intervient dans un contexte de tensions et de flou croissants au sein des universités et établissements d’enseignement supérieur à l’échelle nationale. Les enseignants jugent que la situation ne permet plus de se contenter d’attendre ou de se fier à un dialogue avec le ministère.
Le plan d’action, conforme aux décisions de la commission administrative du syndicat datées du 14 septembre, prévoit :
- la suspension de la rentrée universitaire,
- la suspension du dialogue avec le ministère,
- une grève progressive de trois jours renouvelables,
- une manifestation nationale devant le Parlement,
- le renforcement et l’extension des mobilisations régionales et locales.
Cette décision reflète un clivage interne au sein du syndicat, entre ceux qui plaident pour lier la réforme pédagogique et celle du système universitaire et de la recherche scientifique et ceux qui considèrent que le dossier revendicatif global des enseignants-chercheurs doit être la priorité absolue.
Rejet de la « compensation »
Les enseignants progressistes rejettent le principe de la « compensation », qui donnerait la priorité aux réformes sur les droits matériels et professionnels, et demandent que le dossier revendicatif global fasse l’objet d’une session spécifique de la commission administrative, tout en accélérant le travail au sein des comités spécialisés pour suivre l’évolution du dossier national et prendre les mesures nécessaires.
Par ailleurs, ils appellent à accélérer la construction d’un front national regroupant les organisations politiques, syndicales, associatives et de défense des droits pour protéger l’enseignement supérieur public et garantir le droit des étudiants marocains à un enseignement public de qualité et gratuit, tout en s’opposant au projet de loi 59.24.
Conflit au sein du Snesup
Pour les observateurs, ce choix de la confrontation pourrait compliquer la mission de la direction du syndicat dans la gestion du dialogue avec le ministère, et met en lumière la nécessité de concilier les différents courants internes face à un ministère perçu comme lent à répondre aux revendications légitimes des enseignants-chercheurs.
Cette mobilisation relance également le débat sur la crise de confiance entre le syndicat et le ministère et questionne l’efficacité d’un dialogue dont les résultats concrets restent limités, alors que les enseignants revendiquent une amélioration significative de leurs conditions de travail et de la qualité de l’enseignement supérieur.
