Quelque 100 ministres et 3.500 délégués dont 1.500 experts, tous concernés par la sécurité routière,…
Insécurité routière: un fléau mondial, une crise africaine (vidéo)
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Alors qu’elle sévit dans le monde entier, occasionnant pertes en vies humaines et préjudices économiques d’envergure, les impacts de l’insécurité routière sont le plus ressentis en Afrique, selon les experts.
S’il l’insécurité routière est un fléau mondial, tuant plus d’un million de personnes annuellement, en Afrique, la situation est encore plus grave. Selon l’OMS, près d’un cinquième des victimes sont sur le continent. «Les routes africaines sont extrêmement mortelles», déplore Abdoulaye Diop, directeur général d’Edus Afrik, une entreprise spécialisée dans la prévention et la sensibilisation routière.
À en croire l’expert interrogé par H24Info en marge de la 4e Conférence ministérielle mondiale sur la sécurité routière, à Marrakech, «il est dénoté quasiment 300.000 morts par an en Afrique subsaharienne, soit une moyenne de 800 morts par jour, dans les accidents de la route». Un véritable drame pour le continent, alors que le monde se trouve à la moitié de la décennie d’action pour la sécurité routière.
Ce programme, qui vise à réduire de moitié le nombre de victimes sur les routes à l’échelle mondiale d’ici 2030, a mal décollé en Afrique. Quoiqu’elle ne soit pas la dernière de la classe, l’Afrique demeure de loin le continent le plus affecté par les accidents de la route.
Les impacts sont principalement d’ordre social, avec des familles qui se retrouvent du jour au lendemain amputées de leurs membres, mais ces accidents laissent également un grand nombre d’invalides pour la société et les familles. Les données de l’OMS tablent sur 1,19 million de décès par an pour 20 à 50 millions de blessés.
Un impact économique d’envergure
Outre l’aspect social, «l’insécurité routière est un facteur qui touche toutes les économies des pays», fait savoir Mustapha Chaoune, président de l’Union africaine des transporteurs et de la Logistique. Pour lui, remédier à ce facteur permettrait aux pays du continent de gagner des points en plus sur leur PIB.
Là-dessus, Abdoulaye Diop avance que «ces accidents font perdre à l’Afrique quasiment 4% de son PIB, un manque à gagner qui pourrait être investi dans les budgets des États et servir à autre chose, dans la santé et l’éducation notamment».
Pour les experts, cette prévalence de l’insécurité routière contraste avec la faible motorisation du continent.
Quant aux causes du taux trop élevé des accidents de la circulation en Afrique, pour Stéphanie Schumacher de Weck, responsable communication de l’Envoyé spécial de l’ONU pour la sécurité routière, il ne faut pas chercher midi à 14 heures. Elle appelle surtout à évaluer l’application que font les pays des conventions des Nations unies en la matière. «Est-ce que les pays respectent les normes, à savoir le port de casques et de ceintures de sécurité, procèdent aux tests réguliers d’alcoolémie sur les routes, etc.?», interroge-t-elle, pointant un retard du continent sur ces différents registres.
S’engager sur le triptyque VIE
Outre ces aspects fort pertinents, Abdoulaye Diop évoque les trois facteurs que sont le véhicule, l’individu et l’environnement, dont les initiales forment le concept VIE. Pour ce qui est du véhicule, l’expert tire la sonnette d’alarme en décriant les «véhicules vétustes déversés sur le continent par d’autres». Un fait qu’il trouve nécessaire de combattre.
En ce qui concerne les individus, il trouve important qu’ils soient sensibilisés, formés et accompagnés. Quant à l’environnement, le patron d’Edus Afrik souligne la nécessité d’accorder un regard particulier aux infrastructures, déplorant le nombre élevé de zones accidentées. Il appelle de ce fait les responsables concernés par ces infrastructures à plus de sérieux dans la réalisation et l’entretien des infrastructures routières. «Le Maroc a une expérience dans ce domaine qu’il faudra aujourd’hui partager avec les différents pays africains», insiste-t-il.
Toutefois, nos experts restent persuadés que la situation de la sécurité routière en Afrique n’est point une fatalité. Abdoulaye Diop en particulier met en lumière l’expérience du Maroc dans le domaine et se réjouit de voir que cette dernière sera mise au profit des pairs du continent.
Pour Stéphanie Schumacher de Weck, la technologie aussi offre des perspectives rassurantes. «La technologie est primordiale pour renforcer la solidité des casques pour les motocyclistes, alerter les conducteurs pour défaut de port de la ceinture, et le calcul de distance de sécurité.»
La lutte contre l’insécurité routière en Afrique nécessite, en somme, une coordination accrue, des efforts renforcés et l’adoption de technologies innovantes. Avec l’expérience marocaine et un engagement international, l’espoir d’un futur plus sûr sur les routes africaines reste tangible.
