Le Réseau mission laïque française (mlf) a présenté ce jeudi à Casablanca, les axes de…
Interview- Jean-Marc Merriaux (Mlfmonde) : « Le Maroc, un lieu d’innovation et d’expérimentation… »
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Jean-Marc Merriaux, directeur général du Réseau Mlfmonde, a, lors de son passage à Casablanca, détaillé à notre Rédaction les principaux changements que la nouvelle stratégie va induire pour les apprenants et le Maroc.
Le lycée international Alphonse devient lycée international français Jean‑Louis Massignon Casa‑Anfa. Est‑ce seulement un changement de nom ?
Oui, ça va bien au‑delà parce qu’en fin de compte, nous souhaitons créer sur le pôle de Casablanca une vraie synergie entre nos deux grands établissements : le lycée d’Odé et le futur lycée Casa‑Anfa, Jean‑Louis Massignon. À travers cette dynamique, nous portons réellement un projet qui intègre toutes les composantes de notre nouveau projet MLF 2030, c’est‑à‑dire un accompagnement différent des élèves et la capacité à offrir une nouvelle approche pédagogique fondée sur apprendre, s’engager, s’épanouir.
Ce sont les trois fondements et piliers éducatifs qui passeront par de nouvelles approches pédagogiques, un renforcement du plurilinguisme, une identification des compétences et tout ce qui sera mis en œuvre demain à travers notre nouveau modèle pédagogique international.
Concrètement, qu’est‑ce qui change pour les élèves ?
Cela repose sur plusieurs éléments. D’abord, une approche pédagogique différente et un renforcement de la dimension des compétences.
Vous savez que notre système éducatif français n’est pas le meilleur en matière d’identification des compétences des élèves, ce qu’on appelle plus communément les soft skills, c’est‑à‑dire ces aptitudes qui permettent aux enfants de s’adapter à un environnement en mouvement. Ces compétences existent dans le système actuel, mais elles ne sont ni identifiées, ni valorisées, ni certifiées. Demain, notre modèle proposera de les identifier et de les certifier. Elles sont aujourd’hui essentielles.
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Cela va changer car, demain, un enfant dans notre système éducatif saura qu’il a développé ses compétences. Cela renforcera son employabilité puisque, désormais, toutes les universités, qu’elles soient françaises ou internationales, exigent que ces compétences fassent partie intégrante du parcours de l’élève. En identifiant ces compétences, nos élèves pourront accéder aux meilleures universités, qui considèrent que le savoir académique est nécessaire mais plus suffisant.
Vous formez des citoyens du monde. Comment les préparez‑vous à s’intégrer dans leur territoire et leur nation ?
Cela passe par deux étapes. Lorsqu’on construit une politique de citoyenneté locale et mondiale, on commence par le local. Nous souhaitons avant tout que l’élève comprenne son pays, intègre sa culture et ses enjeux.
C’est le premier maillon : un citoyen du monde ne peut se construire sans avoir intégré la culture de son pays. Ensuite, nous l’ouvrons à l’interculturalité : comprendre la culture des autres, s’engager dans des initiatives locales, créer des partenariats avec des acteurs régionaux, puis élargir cette vision à l’international. C’est ainsi que nos élèves construisent une citoyenneté à la fois locale et mondiale.
Le Maroc accueille l’un des réseaux les plus denses de la MLF. Quelle est sa place dans la stratégie 2030 ?
Le Maroc constitue aujourd’hui l’un de nos plus grands réseaux, avec près de 11 000 élèves. C’est pourquoi nous le positionnons comme un lieu d’innovation et d’expérimentation.
Nous voulons en faire l’avant‑garde de notre modèle éducatif. À travers cette densité et cette diversité, le Maroc devient un laboratoire de notre politique internationale, un terrain où nous expérimentons et construisons pleinement notre approche éducative mondiale
