Jeunesse marocaine en crise: chômage, exclusion et addictions, un rapport sonne l’alarme

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Jeunesse marocaine en crise : chômage, exclusion et addictions, un rapport tire la sonnette d’alarme
Des jeunes de la région Tanger Tétouan / Photo d'illustration © Aziz Achraki/Pexels

Un rapport publié par la Ligue marocaine pour la défense des droits de l’Homme (LMDDH) dresse un constat alarmant sur la situation des jeunes au Maroc. Il met en avant des défis multiples : chômage persistant, exclusion sociale, faible participation politique, addiction, criminalité et migration irrégulière.

Rendu public à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, le document souligne que même les diplômés peinent à trouver un emploi, accentuant leur précarité économique et sociale.

Chômage ou activité précaire

Le secteur informel absorbe une grande partie de cette population, dans des conditions marquées par la fragilité et l’absence de protection, puisque 67% des jeunes actifs y sont employés.

Selon les chiffres officiels, le marché du travail marocain requiert environ 240.000 postes chaque année, alors que près de 350.000 jeunes arrivent sur le marché. Ce déséquilibre structurel alimente un chômage massif qui ne cesse de croître et appelle des réformes profondes pour stimuler l’investissement, soutenir les secteurs porteurs et dépasser les programmes inefficaces.

Participation politique marginale

La participation politique des jeunes reste marginale : seuls 20% des électeurs inscrits en mars 2024 étaient des jeunes, reflet d’un désintérêt croissant pour les urnes, mais aussi d’un déficit de représentation dans les institutions élues et les directions partisanes.

Le rapport dénonce également la crise du système éducatif et de la formation professionnelle : décrochage scolaire, classes surchargées, inadéquation avec les besoins du marché, manque de justice territoriale, clientélisme, et restrictions sur les organisations étudiantes.

Montée des addictions et du suicide

La santé mentale des jeunes est une autre préoccupation majeure, aggravée par la montée des addictions et du suicide. D’après le HCP, 9,4% des jeunes de 15 à 24 ans ont déjà consommé du cannabis, tandis que les hospitalisations liées aux drogues dures ont bondi de 47% entre 2018 et 2023. Ce constat rejoint les chiffres de l’ONU sur les drogues et la criminalité.

Côté loisirs, si des efforts ont été faits pour développer les terrains de proximité, l’accès reste inégal et les activités culturelles insuffisantes, accentuant le sentiment de marginalisation.

Migration et criminalité

Autre phénomène inquiétant : la migration clandestine. En 2024, plus de 78.000 tentatives ont été déjouées, mais sans s’attaquer aux causes profondes que sont le chômage, l’exclusion et le manque de perspectives.

Enfin, la criminalité touche fortement cette jeunesse : leur surreprésentation dans les prisons, notamment pour des délits violents, révèle une fracture sociale et économique qui nourrit la délinquance.

La Ligue recommande en urgence la mise en place de politiques intégrées : création d’emplois décents, renforcement de la participation citoyenne, amélioration du système éducatif, lutte contre les addictions, et surtout l’activation du Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative, prévu par la Constitution mais toujours absent.

Le rapport de la LMDDH conclut que le Maroc ne pourra relever ses défis de développement sans investir sérieusement dans sa jeunesse, considérée comme une richesse démographique mais laissée en marge.

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