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La Mauritanie déploie des unités armées pour bloquer un passage frontalier illégal créé par le Polisario
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L’armée mauritanienne a bloqué, en début de semaine, un passage frontalier contrôlé par le Polisario, renforçant sa sécurité dans ce qui peut être considéré comme un tournant dans sa politique sécuritaire face aux réseaux de contrebande sahraouis et aux enjeux du Sahel.
La frontière nord-est de la Mauritanie, jouxtant la région algérienne de Tindouf, est le théâtre d’un renforcement sécuritaire notable. Une unité militaire mauritanienne a récemment bloqué l’accès à plusieurs Sahraouis issus des camps de réfugiés de Tindouf, les empêchant d’entrer ou de sortir du territoire mauritanien malgré la détention de permis officiels délivrés par les autorités locales.
Dans un développement inédit et lourd de signification géopolitique, plus de 20 unités mobiles de l’armée mauritanienne ont été déployées ces deux derniers jours dans une zone frontalière sensible entre la Mauritanie et l’Algérie, à proximité immédiate d’un point de passage non officiel contrôlé par le Polisario –avec l’aval supposé du régime algérien.
Ce passage, considéré comme illégal par Nouakchott, se situe non loin du poste frontalier officiel entre les deux pays, et est utilisé depuis des mois, selon plusieurs sources concordantes, par des éléments armés du front séparatiste. Ce dernier bénéficierait de facilités logistiques et sécuritaires octroyées par Alger, au mépris de la souveraineté mauritanienne et des accords bilatéraux sur la sécurité frontalière.
Accusations de « délégation de souveraineté »
Des images satellitaires et des photographies de terrain, obtenues par l’Observatoire atlantique pour la défense et l’armement, confirment l’existence d’un poste aménagé par les miliciens du Polisario, visible à l’œil nu depuis le poste officiel. Des infrastructures de fortune, des barrières rudimentaires et une présence armée y ont été repérées, dans ce qui apparaît comme une tentative de fait accompli sur le terrain.
في سابقة من نوعها إنتشر مساء اليوم الجيش الموريتاني 🇲🇷 في معبر بين الجزائر 🇩🇿 و موريتانيا تسيطر عليه جماعة البوليساريو الإرهابية بإيعاز من النظام الجزائري الذي فرط في سيادته و أعطى معبر غير شرعي لهذا التنظيم الإنفصالي من أجل الدخول و الخروج الى شمال موريتانيا في إنتهاك صارخ… pic.twitter.com/oAGabQF8J5
— Defense Atlas – المرصد الأطلسي للدفاع و التسليح (@DefenseAtlas009) May 27, 2025
Ce poste, utilisé pour l’entrée et la sortie de véhicules en provenance des camps de Tindouf vers le nord de la Mauritanie, constitue une violation flagrante de la souveraineté territoriale du voisin du sud. Il reflète, selon plusieurs observateurs, une permissivité inquiétante du côté algérien, qui semble déléguer une partie de sa frontière sud à un acteur non étatique armé.
La Mauritanie impose un retour à l’ordre souverain
Face à ce que beaucoup considèrent comme une provocation inacceptable, les autorités mauritaniennes ont envoyé des unités militaires sur place afin de reprendre le contrôle du terrain et couper court à toute tentative d’ancrage illégal. Cette réaction rapide et ferme traduit la volonté de Nouakchott de ne pas laisser s’installer un précédent qui verrait des groupes armés circuler librement en dehors de tout cadre légal.
Plus encore, cette décision envoie un message clair: la Mauritanie refuse toute instrumentalisation de ses frontières à des fins géopolitiques et entend préserver coûte que coûte sa stabilité nationale, dans un contexte régional marqué par la prolifération des groupes armés et des trafics transfrontaliers, estiment les analystes de l’Observatoire.
Blocage soudain des routes traditionnelles
Selon plusieurs sources médiatiques mauritaniennes et régionales, l’opération qui s’est déroulée entre lundi et mardi derniers, sans qu’aucune justification ne soit donnée aux personnes concernées, constitue un changement brusque de posture qui n’a pas manqué de semer l’incompréhension, d’autant plus qu’aucune communication officielle ne vient éclairer les motivations ou le calendrier de cette initiative.
La force militaire s’est déployée au niveau de pistes non goudronnées servant traditionnellement au commerce informel entre les camps de Tindouf et les villes du nord mauritanien. Ces routes sont depuis longtemps empruntées par les Sahraouis à des fins économiques: transport de marchandises, troc de produits subventionnés et activités de survie.
Mais cette circulation désormais entravée suscite des interrogations, d’autant plus que ces flux étaient tolérés depuis des années dans le cadre d’un équilibre précaire entre activités informelles et stabilité sociale locale.
Fermeture de la zone de Lebreika
Ce durcissement intervient quelques jours après une notification officielle du commandement militaire mauritanien adressée à des Sahraouis installés dans la zone de «Lebreika», à l’intérieur du territoire mauritanien, leur enjoignant de quitter les lieux dans les plus brefs délais. Cette zone, décrite comme un hub central de l’économie parallèle ou souterraine, servait depuis des années à des circuits de contrebande structurés, notamment de carburant subventionné, de ciment, ou encore de denrées alimentaires entre Tindouf et la Mauritanie.
Les autorités voient désormais en «Lebreika» un point névralgique menaçant la stabilité de la zone, où le commerce illicite et l’émergence de réseaux transfrontaliers incontrôlés deviennent des vecteurs potentiels d’insécurité.
Plus de fermeté sécuritaire
Cette affaire soulève par ailleurs de sérieuses interrogations sur la gestion par l’Algérie de ses propres frontières et sur le degré d’implication de ses autorités dans la facilitation des mouvements du Polisario. La création d’un point de passage alternatif, en dehors de tout cadre bilatéral ou multilatéral, constitue un précédent grave, susceptible d’attiser les tensions avec les pays voisins et d’affaiblir la légitimité algérienne sur la scène régionale.
Des observateurs mauritaniens estiment que ce resserrement du dispositif militaire aux frontières s’inscrit dans un tournant stratégique adopté par Nouakchott pour reprendre la main sur ses zones sensibles du nord. Longtemps toléré, l’usage « alternatif » du territoire mauritanien par des groupes sahraouis échappant partiellement au contrôle des États semble désormais remis en question.
Cette démarche est perçue comme une volonté d’imposer la souveraineté étatique sur l’ensemble du territoire, en phase avec la montée des menaces sécuritaires dans le Sahel, la prolifération des trafics en tous genres, et l’impératif de préserver la stabilité intérieure face aux réseaux criminels transnationaux.
