Macron au Maroc: contrats, OQTF, Algérie… les précisions du MAE français Jean Noël Barrot

Publié le
macron jean noel barrot
Le président Emmanuel Macron et le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères de la France, Jean Noël Barrot. ©AFP

Le chef de la diplomatie française, Jean Noël Barrot, détaille les enjeux de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron au Maroc à partir de ce lundi, et revient sur la reconnaissance par Paris de la marocanité du Sahara ainsi que les menaces d’Alger.

La visite d’Etat que le président Emmanuel Macron effectuera au Maroc du 28 au 30 octobre sera l’occasion d’écrire un nouveau chapitre de la relation entre Rabat et Paris, déclare Jean Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, dans une interview avec La Tribune publiée ce dimanche 27 décembre. «Nous entendons la refonder mais aussi nous projeter dans les décennies qui viennent. Nous plaçons la barre très haut dans de nombreux domaines: l’énergie, l’industrie, les mobilités et les migrations, la culture», ajoute-t-il.

Interrogé sur la réduction par la France de l’attribution de visas aux Marocains en 2021, Barrot répond qu’«il faut tirer les leçons des erreurs du passé. Il faut aborder cette question dans le cadre d’un partenariat durable et d’un dialogue global. C’est la seule manière d’obtenir des résultats.»

Dans la même ligne, à propos de la proposition de son homologue de l’Intérieur, Bruno Retailleau, appelant à mettre la pression sur le Royaume concernant les OQTF, le chef de la diplomatie hexagonale a estimé que «pour obtenir des résultats, nous devons nous abstenir d’aborder cette discussion sous l’angle de la transaction. Quand nous l’avons fait par le passé, cela n’a pas produit les effets escomptés.»

Revenant sur le volet économique de la visite d’Etat, Barrot a souligné que le président Macron aura l’occasion «d’annoncer l’ouverture d’un certain nombre de coopérations qui s’appuieront sur les complémentarités entre la France et le Maroc, dans l’intérêt de nos deux pays, dans l’intérêt aussi d’un partenariat entre l’Afrique et l’Europe».

Lire aussi. Macron au Maroc, une visite aux enjeux multiples

A la question de savoir si la France a fait son choix entre le Maroc et l’Algérie, le ministre français a précisé que «l’enrichissement de notre relation avec le Maroc ne vient en aucun cas appauvrir celle que nous cultivons avec l’Algérie». Et de pousuivre: «En 2022, le président de la République et le président Tebboune ont d’ailleurs établi une feuille de route ambitieuse et que nous entendons mettre en œuvre. Nous devons redoubler d’efforts pour en tirer le maximum de bénéfices mutuels. J’y prendrai moi-même toute ma part.»

Enfin, quant aux menaces d’Alger suite à de la nouvelle position de Paris sur le Sahara marocain, il explique que «nous avons avec chacun des pays du Maghreb une relation spécifique. Et lorsque nous enrichissons - comme nous allons le faire à l’occasion de cette visite d’État - notre relation avec l’un d’entre eux, cela n’enlève rien à notre ambition de cultiver une relation privilégiée avec chacun.»

De nombreux enjeux

La visite d’Etat de Macron, qui fait suite à une invitation fin septembre du roi Mohammed VI, «vise à marquer une nouvelle ambition pour les 30 ans à venir» dans la relation franco-marocaine, s’est félicite l’Elysée. Rappelons que la dernière visite d’Etat d’un président français au Royaume remonte à François Hollande en avril 2013.

Macron a effectué une visite de travail en 2017 au tout début de son premier mandat, avant de revenir en 2018 pour inaugurer la ligne de train à grande vitesse Tanger-Casablanca avec le Roi. Pour marquer ce temps fort, le chef de l’Etat français et son épouse Brigitte seront accompagnés d’une imposante délégation, dont les ministres de l’Intérieur Bruno Retailleau et des Armées Sébastien Lecornu.

Lire aussi. Macron au Maroc: Paris et Rabat à l’heure des retrouvailles

Lundi, le Roi Mohammed VI accueillera son hôte en personne à l’aéroport. Les deux chefs d’Etat rejoindront ensuite le Palais royal à bord d’une voiture d’apparat pour un entretien en tête-à-tête suivi d’une signature d’accords (énergie, eau, éducation, sécurité intérieure).

Le lendemain, le Roi donnera un dîner d’Etat en l’honneur du couple présidentiel français. Le même jour, Macron prononcera une allocution devant le Parlement et assistera à des signatures de contrats lors d’un forum entrepreneurial.

Le réchauffement franco-marocain ouvre de nouvelles perspectives pour les entreprises françaises, qui faisaient profil bas devant l’accumulation de contentieux. Airbus Helicopters pourrait ainsi vendre 12 à 18 Caracal aux Forces armées marocaines à l’occasion de la visite, selon des sources concordantes citées par l’AFP.

Le Maroc, qui accueillera la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2025 puis la Coupe du monde de football en 2030, profiter de l’expertise de la France après les JO de Paris, notamment en matière d’infrastructures, ajoute la même source, rappelant que la France est le premier investisseur étranger au Maroc avec près de 1.000 entreprises, dont la quasi-totalité du CAC 40.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Macron au Maroc: contrats, OQTF, Algérie… les précisions du MAE français Jean Noël Barrot

S'ABONNER
Partager
S'abonner