Polisario-Hezbollah: une alliance contre la stabilité du Maghreb et du Sahel

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Rapport américain: une "mini-état" séparatiste au Sahara risque d’alimenter le terrorisme régional
Des membres des milices du polisario © DR

Un think tank américain dénonce les alliances dangereuses du Polisario avec l’Iran et le Hezbollah, et alerte sur la transformation des camps de Tindouf en incubateurs du djihadisme au Sahel.

Dans un rapport récemment publié dans sa revue spécialisée The National Interest, le think tank américain Center for the National Interest, influent dans les cercles de la politique étrangère à Washington, met en garde contre la menace sécuritaire croissante que représenterait l’établissement d’un État indépendant dirigé par le Polisario au Sahara. Selon le document, un tel scénario pourrait générer une nouvelle zone de chaos, comparable aux foyers djihadistes du Sahel.

Le Maroc, dernier rempart contre l’instabilité régionale

Intitulée «Pourquoi le Polisario constitue une menace pour le Maroc et la région?», l’enquête insiste sur le rôle central du Maroc comme barrière stratégique face à la progression de l’extrémisme dans le Sahara. «Le Maroc est le seul obstacle empêchant le Sahara occidental de devenir le foyer d’un gouvernement djihadiste», lit-on.

Elle salue les reconnaissances internationales croissantes de la souveraineté marocaine sur ses provinces du Sud, notamment par les États-Unis, la France et récemment le Royaume-Uni ainsi que la Syrie, autrefois alliée du Polisario.

Du marxisme à l’islamisme radical: le virage idéologique du Polisario

Autrefois présenté comme un mouvement nationaliste laïc, soutenu par Cuba ou la Libye de Kadhafi, le Polisario aurait, selon le rapport, muté vers des alliances avec des acteurs islamistes extrémistes, au premier rang desquels le Hezbollah et l’Iran.

L’enquête cite notamment les révélations du journal allemand Die Welt sur des communications interceptées entre Mustafa Muhammad Lemine Al-Khitab, représentant du Polisario en Syrie, et un agent du Hezbollah. Dans ces échanges, Al-Khitab affirme son soutien idéologique à l’axe de la «résistance» (Iran, Hezbollah, Hamas) et appelle à des attaques coordonnées contre Israël et les intérêts de ses alliés, y compris le Maroc.

De camps de réfugiés à terrains d’entraînement terroriste

Le rapport s’aligne sur les révélations marocaines concernant un soutien militaire iranien au Polisario. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait déjà accusé l’Iran de fournir des drones kamikazes au groupe séparatiste à travers le Hezbollah, afin de déstabiliser le Maroc et toute la région. 

Le rapport rappelle qu’un responsable du Polisario a déclaré en 2022 que l’Iran leur fournirait également des drones kamikazes.

L’étude américaine brosse un tableau inquiétant des camps de Tindouf, situés en Algérie et contrôlés par le Polisario, les qualifiant de «terreau fertile pour le recrutement djihadiste». Elle évoque des liens documentés avec Al-Qaïda et Daech, notamment via la figure d’Adnane Abou Al Walid Al Sahraoui, ancien membre du Polisario devenu chef de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), tué par l’armée française en 2021.

Lire aussi: Plus de 100 séparatistes du polisario s’activent au sein d’Al-Qaïda au Maghreb islamique

Un rapport des services de renseignement allemands évoqué dans l’enquête indique pour sa part que les groupes terroristes circulent librement dans la zone sahélo-saharienne, y compris dans les camps de Tindouf.

Autre accusation lourde: le recrutement d’enfants-soldats par le Polisario. Une pratique qualifiée de crime de guerre par les conventions internationales et systématiquement dénoncée par plusieurs ONG. L’enquête dénonce un climat d’endoctrinement, dans une zone opaque et largement fermée aux observateurs extérieurs.

Reculer sur le Sahara? Un non-sens stratégique

Face aux appels récurrents de certaines ONG et figures politiques américaines à revenir sur la reconnaissance de la souveraineté marocaine décrétée sous l’administration Trump, le rapport est catégorique: ce serait une erreur stratégique majeure.

Lire aussi: La Mauritanie déploie des unités armées pour bloquer un passage frontalier illégal créé par le Polisario

Selon les auteurs, les réalités sur le terrain ont profondément changé depuis les années 1990. Revenir à l’idée d’un référendum sous l’égide de l’ONU reviendrait à fragiliser un allié régional clé, en première ligne dans la lutte antiterroriste, alors que le Polisario s’est dangereusement rapproché des ennemis géopolitiques des États-Unis.

Le message du think tank américain est sans équivoque: le Sahara marocain représente aujourd’hui un verrou stratégique contre l’expansion des réseaux extrémistes au Sahel. Soutenir le Maroc, conclut l’enquête, n’est pas seulement un choix diplomatique, c’est aussi une nécessité sécuritaire pour l’ensemble de la région euro-méditerranéenne.

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