Commune de Casablanca: majorité et opposition à couteaux tirés après une expropriation controversée (vidéo)

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Malgré la polémique, le Conseil de la ville de Casablanca a voté mardi l’expropriation du terrain de la villa Mauvillier pour y édifier un équipement public de proximité.

Le Conseil de la ville de Casablanca a tenu une session extraordinaire mardi 10 juin 2025. À l’ordre du jour figurait un point important relatif à l’étude et au vote sur la déclaration d’utilité publique et l’expropriation d’un terrain privé, portant le titre foncier n° 2320/D, d’une superficie de 551 m².

Le terrain de la villa Mauvillier, appartenant à la société « TOWER SEVEN ART », est situé à l’intersection des boulevards Mohammed Zerktouni et d’Anfa, dans l’arrondissement de Sidi Belyout. Malgré la controverse suscitée, notamment chez les élus de l’opposition qui dénoncent une «agression financière» à l’encontre de l’investisseur, le Conseil a validé l’expropriation. L’objectif est d’y édifier un équipement public de proximité.

«Linvestisseur a respecté toutes les procédures légales. Il a obtenu une autorisation de démolition de l’ancienne villa située sur le terrain, ainsi qu’un permis de construire, tous deux signés par l’agence urbaine. Soudainement, une commission de la préfecture est intervenue pour interrompre les travaux, ce qui a entraîné des poursuites judiciaires, que l’investisseur a remportées», s’est indigné au micro de H24Info Mustapha Lhaya, membre du conseil communal.

Selon l’élu, le plan d’aménagement de Sidi Belyout en vigueur depuis 2022 n’inclut pas la création d’un tel équipement public sur cette parcelle. «Un autre terrain dans le même arrondissement pourrait être mobilisé pour ce type de projet. En optant pour l’expropriation, la commune prend le risque de devoir payer un montant bien supérieur, voire doublé ou triplé.»

En effet, poursuit-il, «il s’agit ici d’un projet majeur: un hôtel R+14, alors que Casablanca manque cruellement d’hébergements pour les événements sportifs à venir. Malheureusement, cet investissement est aujourd’hui bloqué

Lire aussi: Expropriations à Casablanca: une session extraordinaire sous haute tension

Du côté de la majorité, Mohammed Ghafir a défendu la décision du Conseil: «Ce projet ne doit pas rester gelé. La commune a choisi de mettre ce terrain au service de l’intérêt général. Il ne sera pas cédé à un acteur privé, mais utilisé pour créer un espace public bénéfique pour les Casablancais. Le Conseil discutera prochainement de la nature de cet équipement, qui pourrait être un parking, un centre ou autre

Il a également rappelé que cette expropriation fait suite à une décision judiciaire confirmant une difficulté d’exécution :«Nous devons respecter les décisions de justice, tout en garantissant les droits des investisseurs, quelle que soit leur nationalité

Un autre projet d’expropriation à Anfa pour désengorger Ain Diab

Outre le dossier de la villa Mauvillier, le Conseil de la ville a également étudié et approuvé l’expropriation partielle de plusieurs parcelles relevant des titres fonciers n° 7318/C, 17508/D et 94447/C, appartenant à la société immobilière Malibu. Cette opération vise la réalisation de plusieurs voies d’aménagement (codes AN23, AN24, AN25 et AN26) ainsi que d’une place publique et d’un parking souterrain (code G12), inscrits dans le plan d’aménagement de l’arrondissement d’Anfa.

Selon Houcine Nassrollah, ce projet ambitieux vise à fluidifier la circulation à Aïn Diab, un quartier qui connaît de graves problèmes de trafic et de stationnement. «Un grand parking sera construit pour désengorger la zone, et une vaste place publique sera aménagée pour offrir un nouvel espace de détente aux habitants et visiteurs», a-t-il précisé.

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