Marrakech: réouverture du commerce de «Moul Lhout», symbole de la lutte contre les spéculateurs

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Marrakech: réouverture du commerce de «Moul Lhout» sur décision du wali, débat sur les pratiques spéculatives relancé
Moul Lhout ne cesse de faire parler de lui. Sa popularité a explosé lorsqu’il a dénoncé publiquement les pratiques spéculatives qui font flamber les prix du poisson © Montage Mehdi Moussahim

Après la fermeture controversée de son commerce à Marrakech, Abdelilah Ajjout, plus connu sous le nom de «Moul Lhout», a été reçu ce mercredi par le wali de la région Marrakech-Safi, Farid Chourak.

Devenu une figure virale sur TikTok, où il propose du poisson à des prix défiant toute concurrence, Moul Lhout a vu sa popularité exploser lorsqu’il a dénoncé publiquement les pratiques spéculatives qui font flamber les prix du poisson.

Mardi, une commission mixte, composée de représentants de plusieurs instances sanitaires et des autorités locales, a ordonné la fermeture de son magasin, invoquant l’absence de conditions sanitaires adéquates et une qualité non conforme aux normes. Une décision qui a suscité une vague d’indignation et de solidarité sur les réseaux sociaux.

Intervention du Wali

Face à cette polémique grandissante, le wali Farid Chourak est intervenu en recevant Abdelilah Ajjout ce mercredi. Selon plusieurs sources concordantes, il a autorisé la réouverture du commerce et facilité son retour au marché de gros de Marrakech où il avait été interdit d’approvisionnement pendant plusieurs semaines.

Le wali a également assuré au jeune poissonnier un accès direct aux autorités en cas de nouvelles pressions. Il a ainsi donné des instructions aux responsables du marché de gros pour qu’il puisse reprendre son activité dans des conditions normales.

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Immédiatement après cette décision, Abdelilah Ajjout s’est rendu au marché pour se réapprovisionner, réaffirmant son engagement à vendre du poisson à des prix abordables, avec une marge bénéficiaire limitée à un dirham seulement sur la sardine.

Débat relancé sur les pratiques spéculatives

L’affaire «Moul Lhout» a relancé le débat sur la flambée des prix et la responsabilité des intermédiaires (« chennaka ») dans la spéculation.

Qu’il ait agi par profit, en quête de notoriété ou par volonté sincère d’aider les citoyens, Abdelilah a mis en lumière les dérives du marché du poisson. Les intermédiaires profitent de l’absence de contrôles rigoureux des autorités, tout comme certains lobbys.

Cette affaire illustre une problématique plus large liée à l’inflation et aux pratiques spéculatives qui pèsent lourdement sur les ménages. Malgré les assurances du gouvernement – via le porte-parole de l’Exécutif, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, et le Chef du gouvernement – les consommateurs continuent de subir une hausse incontrôlée des prix.

Avec l’approche du Ramadan, période de consommation intense, la pression est à son comble. L’envolée des prix du poisson, notamment de la sardine, et d’autres produits de base, en inquiète plus d’un.

Un enjeu politique

La polémique a dépassé la simple question commerciale pour devenir un sujet de débat politique. La députée Fatima-Zahra Tamni, membre de la Fédération de la gauche démocratique, a interpellé le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed Bouari, sur la répression des lanceurs d’alerte au lieu d’une enquête sérieuse sur les pratiques spéculatives qui font flamber les prix du poisson.

« La dénonciation de la corruption au Maroc semble aujourd’hui représenter un danger pour ceux qui osent s’exprimer, qu’ils soient simples citoyens, petits commerçants ou membres de la société civile», a déclaré Mme. Fatima-Zahra Tamni.

Et a ajouté que «le cas de ce jeune homme, qui a vendu la sardine à 5 dirhams le kilo à Marrakech, révèle la mainmise des grands acteurs du secteur sur le marché du poisson». Selon elle, ces derniers achètent la sardine aux pêcheurs à seulement 3 dirhams le kilo, pour ensuite la revendre entre 10 et 20 dirhams, générant ainsi des marges injustifiées qui étranglent le pouvoir d’achat des citoyens, surtout à l’approche du Ramadan, où la consommation de poisson explose.

@marocaine_mix99 رئيس جمعية حماية المستهلك بأكادير يكشف هامش الربح الكبير في بيع السمك للمواطنين. #المغرب #maroc #marocaine🇲🇦 #الدارالبيضاء #casablanca #سردين #حوت #قارب_صيد #أكادير #العيون #الداخلة #السمك ♬ son original – المغربي برو 🇲🇦🫡

À moins d’un an de la fin de son mandat, le gouvernement d’Aziz Akhannouch fait face à une colère populaire croissante. La question du pouvoir d’achat et de l’inflation pourrait bien devenir un facteur déstabilisant pour la coalition RNI, PAM et l’Istiqlal au pouvoir.

L’issue de cette crise pourrait jouer un rôle déterminant dans le paysage politique à venir. L’affaire «Moul Lhout» qui dénonce la lutte contre la spéculation, risque de prendre de l’ampleur et se transformer en symbole des tensions sociales et économiques que traverse le pays.

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