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Abdellatif Ouahbi absent à Genève: le signal discret d’un isolement politique croissant?
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L’absence d’Abdellatif Ouahbi à la tête de la délégation marocaine lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, à Genève, n’est pas passée inaperçue. Cet éloignement inattendu d’un rendez-vous diplomatique majeur apparaît comme un revers politique révélateur d’un affaiblissement de son influence au sein de l’exécutif.
Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, était naturellement pressenti pour représenter le Maroc lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, à Genève, conformément à ses prérogatives institutionnelles en matière de droits humains. Mais c’est finalement Mohamed Habib Belkouch, délégué interministériel aux droits de l’Homme, qui a conduit la délégation et prononcé la déclaration officielle du Maroc devant le Conseil. Un choix qui, au-delà de sa dimension protocolaire, a suscité interrogations et interprétations dans les milieux politiques.
Une absence au cœur d’un contexte politique tendu
Cette mise à l’écart intervient dans un climat particulièrement délicat pour Abdellatif Ouahbi. Ces derniers mois, le ministre de la Justice s’est retrouvé confronté à une succession de crises, dont la plus marquante fut la paralysie des tribunaux provoquée par le boycott des avocats, opposés à certains projets de réforme portés par son département.
La situation a pris une tournure plus significative lorsque le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a repris en main le dossier, en ouvrant un dialogue direct avec les représentants de la profession. Une initiative qui a permis de désamorcer la crise, mais qui a également mis en lumière une redistribution des équilibres au sein de la majorité gouvernementale.
Des tensions politiques désormais visibles
Au sein du Parti authenticité et modernité (PAM), formation à laquelle appartient Ouahbi, les réactions n’ont pas tardé. Plusieurs signaux ont laissé entrevoir un malaise interne, accentué par certaines prises de position publiques et initiatives politiques interprétées comme le symptôme d’une fracture plus profonde.
Dans ce contexte, l’absence du ministre de la Justice à Genève dépasse le simple cadre administratif. Elle s’inscrit dans une dynamique politique plus large, où les arbitrages institutionnels semblent redéfinir les rôles et les marges d’influence des différents acteurs gouvernementaux.
Un signal politique aux multiples lectures
Pour de nombreux observateurs, cette décision est révélatrice d’un repositionnement en cours. Abdellatif Ouahbi, figure politique connue pour sa visibilité médiatique et son engagement dans les débats publics, apparaît aujourd’hui confronté à une phase plus complexe de son parcours gouvernemental.
Que cette absence relève d’un choix institutionnel stratégique ou d’une évolution plus profonde des équilibres politiques, elle souligne une réalité: l’écart entre les responsabilités formelles et l’influence réelle peut, dans certaines circonstances, devenir un marqueur significatif des recompositions internes du pouvoir.
Vers l’éclatement de la majorité ?
A Genève, la diplomatie marocaine a poursuivi son action avec continuité. Mais en filigrane, l’absence du ministre de la Justice a laissé entrevoir les lignes de tension qui traversent actuellement le paysage politique national — et les incertitudes qui entourent l’avenir de certaines figures de l’exécutif.
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Le croisement de ces éléments suggère que l’«écartement» de Ouahbi de la scène genevoise n’est pas une simple procédure administrative, mais s’inscrit dans un processus politique plus large ayant commencé avec l’intervention de la Chefferie du gouvernement pour corriger la gestion de la crise des avocats. Une intervention qui n’a pas été bien accueillie par le PAM, lequel a exprimé son mécontentement à travers des communiqués critiquant implicitement certaines parties pour avoir entravé les médiations parlementaires.
La tension a atteint son paroxysme avec l’initiative du ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication Mohamed Mehdi Bensaid, membre de la direction collégiale du PAM, qui a choisi d’organiser une conférence de presse au moment même où la conférence du Conseil de gouvernement avait été annulée, dans un geste interprété comme le signe d’une fracture politique désormais manifeste.
