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Agadir: colère et heurts autour de l’hôpital Hassan II après une série de décès maternels (vidéos)
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A Agadir, des centaines de citoyens et d’acteurs de la société civile ont manifesté dimanche soir devant l’hôpital régional Hassan II pour dénoncer la dégradation des services de santé, après une série de décès de femmes lors d’accouchements par césarienne.
Les forces de l’ordre ont rapidement encerclé la manifestation, marquée par des slogans virulents tels que « Le peuple veut la fin de la corruption », « Honte, hôpital ou cimetière ? » ou encore « Le peuple veut des hôpitaux et pas des terrains de foot ».
Les protestataires ont réclamé plus de moyens humains et matériels, notamment dans les services d’urgences et de maternité, où six jeunes femmes ont récemment perdu la vie dans des circonstances controversées.
Un hôpital sous pression extrême
Selon des militants associatifs, le centre hospitalier régional (CHR) souffre d’une surcharge chronique due à l’afflux de patients venus d’autres régions, une grave pénurie de médecins et d’infirmiers ainsi que des dysfonctionnements répétés des équipements de diagnostic. Face à ce manque de moyens, de nombreux malades se tournent vers les cliniques privées, malgré des coûts souvent inabordables.

Réaction officielle et enquête
Dr Lamia Chakiri, directrice régionale de la santé et de la protection sociale dans le Souss Massa, a exprimé ses regrets après la série de décès et a annoncé l’ouverture d’une enquête centrale du ministère.

Sur la défensive, elle a livré des chiffres illustrant l’ampleur de la pression. Selon elle, plus de 33.000 patients ont été accueillis aux urgences en six mois pour plus de 1.760 interventions chirurgicales d’urgence.
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S’agissant du nœud du problème ayant provoqué la colère des manifestants, Dr Chakiri a révélé un chiffre qui en dit long sur la surcharge chronique du service de maternité : environ 3.000 accouchements, dont 668 par césarienne, en six mois.
Une crise qui dépasse Agadir
La situation d’Agadir illustre un malaise national plus large. Le Maroc consacre chaque année plus de 28 milliards de dirhams à la santé, mais en deçà des normes pour un système sanitaire répondant aux besoins de sa population. En effet, le pays compte moins de 8 médecins pour 10.000 habitants, contre une moyenne mondiale de 16. Les délais de rendez-vous sont longs et l’encombrement des hôpitaux est chronique.
كتكون عندك آلاف الفرص.. ومتسع من الوقت للإصلاح بدون ان تدفع الناس للاحتجاج كما خرجت ساكنة اكادير اليوم 👇بأعداد كبيرة امام مستشفى الحسن الثاني. لكن هي النظرة الدونية للشعب.
وكأنكم تتصدقون على من يدفع رواتبكم وفاتورة رفاهيتكم من قوته وصحته ومستقبل ابنائه. https://t.co/gQ0USZS9jJ pic.twitter.com/9SAvM5aw3l— Anas (@anas_freevoice) September 14, 2025
Alors que l’on s’attendait à une amélioration avec l’abandon du système Ramed depuis décembre 2022, date à laquelle les millions de personnes qu’il couvrait ont basculé vers le régime de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), la situation n’a fait qu’empirer.
🇲🇦#Maroc, enfin, les Marocains manifestent pour les #Marocains.
Une manifestation pacifique légitime, mais chargée de colère, a eu lieu devant l’hôpital Hassan II à #Agadir, suite à une série de décès inexpliqués dans le service de maternité.
Les chiffres sont glaçants : au… pic.twitter.com/BlRe57tIiM
— MD🇲🇦 (@Empirechrifien1) September 15, 2025
Visant la généralisation de la couverture maladie au Maroc, initiée par le Roi Mohammed VI, afin d’offrir le même panier de soins et les mêmes modalités de paiement à tous les Marocains, ce nouveau système montre depuis quelques années ses limites.
Vers une contestation nationale ?
Malgré des réformes engagées dans le cadre du chantier de la protection sociale, beaucoup estiment que leur mise en œuvre reste insuffisante pour répondre aux besoins réels, surtout dans les régions du Sud et de l’intérieur et en particulier dans les zones montagneuses.
🇲🇦#Maroc, la réalité est plus complexe. Manifestation devant l’hôpital Hassan II à #Agadir. pic.twitter.com/kD5OXGYFXq
— MD🇲🇦 (@Empirechrifien1) September 15, 2025
La manifestation d’Agadir s’inscrit dans une série de mobilisations observées ces dernières semaines dans plusieurs villes marocaines. Les militants exigent un plan d’urgence sanitaire et dénoncent une situation qui «ternit l’image de la santé publique et aggrave la souffrance des plus vulnérables».
