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Dysfonctionnements «extrêmement graves» au CHU Ibn Rochd: l’AMPBP saisit le Parquet
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Face au manque d’amélioration dans la gestion du Centre hospitalier universitaire (CHU) Ibn Rochd de Casablanca, l’Association marocaine de protection des biens publics (AMPBP) a officiellement sollicité le Parquet général pour accélérer les procédures en cours. Entre soupçons de traite d’êtres humains et de détournements de patients, les révélations accablent l’administration de l’établissement.
L’affaire du CHU Ibn Rochd de Casablanca est loin d’être classée. Selon les informations rapportées par le quotidien Assabah dans son édition du mardi 12 mai, la section locale de l’AMPBP a déposé une nouvelle plainte à la fin de la semaine dernière auprès du procureur général du Roi près la Cour d’appel de Casablanca. L’objectif: sortir le dossier de l’inertie et faire toute la lumière sur des dysfonctionnements «extrêmement graves».
Le contenu de la plainte est sans équivoque. L’association ne se contente plus de dénoncer une mauvaise gestion administrative, elle évoque désormais des faits pouvant être qualifiés de crimes. Parmi les accusations les plus lourdes figure la « traite des êtres humains vulnérables ».
L’AMPBP pointe du doigt une passivité coupable de la direction de l’hôpital. Selon les plaignants, l’administration se serait limitée à de simples rappels à l’ordre ou à des «appels à la vigilance» face à des comportements criminels, au lieu d’activer le principe constitutionnel de reddition des comptes et de sanctionner lourdement les responsables de ces violations.
L’un des volets les plus révoltants du dossier concerne l’orientation forcée des patients vers le secteur privé. L’enquête soulève l’existence d’un réseau organisé visant à détourner les malades du CHU pour les diriger vers des locaux commerciaux spécifiques. Ces patients étaient contraints d’acheter des produits et articles sanitaires dans ces officines privées, alors même que la pharmacie interne du CHU disposait des mêmes articles. Ce « système de commissions et de conflits d’intérêts » se ferait au détriment direct de citoyens souvent précaires, venus chercher des soins dans le service public.
Au-delà des malversations financières et éthiques, c’est la qualité même des soins qui est remise en question. L’AMPBP a également soulevé la problématique récurrente des erreurs médicales au sein de l’établissement. Ces incidents, dont certains ont entraîné des décès ou des invalidités permanentes, ne feraient l’objet d’aucun suivi rigoureux, laissant les familles des victimes dans un vide juridique et médical total.
L’intervention de l’Association marocaine de protection des biens publics vise à briser l’omerta qui semble régner sur le plus grand complexe hospitalier du pays. En sollicitant directement le Procureur général du Roi, l’association espère une intervention judiciaire rapide pour protéger la loi et les principes de justice.
