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E-cigarette et sachets de nicotine: ces nouvelles alternatives au tabac sont-elles aussi nocives ?
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Au Maroc, beaucoup de personnes optent pour des alternatives présentées comme moins nocives, à l’image de la e-cigarette ou des sachets de nicotine, pour réduire ou arrêter leur consommation de tabac.
Face aux risques associés au tabagisme, de plus en plus de personnes se tournent vers des solutions alternatives afin de réduire les effets nocifs du tabac traditionnel ou de mettre un terme à leur dépendance. Parmi ces alternatives, la e-cigarette et les sachets de nicotine gagnent en popularité, offrant des options potentiellement moins dangereuses pour ceux qui cherchent à changer leurs habitudes.
Outre la cigarette électronique, les sachets de nicotine, placés sous la lèvre et qui libèrent de la nicotine, commence à séduire certains fumeurs au Maroc. Interrogé, un vendeur de tabac nous confie que les Marocains restent, principalement, attachés à la cigarette électronique pour plusieurs raisons, notamment son coût. Selon lui, «Nous recevons principalement des jeunes entre 18 et 35 ans. Les plus jeunes préfèrent souvent les cigarettes électroniques jetables et aromatisées, tandis que ceux dans la trentaine optent pour des modèles rechargeables et remplissables. La vente de sachets de nicotine reste encore limitée, parce qu’une boîte de 20 sachets coûte à partir de 70 dirhams. Beaucoup sont également prudents, puisque l’utilisation de ces sachets peut entraîner une chute de tension chez ceux qui ne sont pas habitués à ce type de produit ».
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Joint par H24info, un pneumologue est plus nuancé: «Je suis pour l’utilisation de l’e-cigarette comme outil dans le sevrage tabagique pour les fumeurs qui souhaitent arrêter. Mais, il est important que l’e-cigarette ne devienne pas un moyen d’initiation au tabagisme chez les jeunes. C’est un danger auquel il faut faire attention. En tant que médecin, mon rôle se limite à accompagner mes patients dans leur démarche de sevrage du tabac. Concernant les jeunes, il revient avant tout à l’État de mettre en place des mesures strictes pour empêcher leur accès à la cigarette électronique. Ce n’est pas la responsabilité du médecin, sauf dans le cadre de la sensibilisation des jeunes aux dangers du tabagisme. Il est important de ne pas confondre les enjeux: l’e-cigarette est un outil de sevrage pour les fumeurs adultes et non un moyen d’entrée dans le tabagisme».
Pour sa part, Dr Imane Kendili, psychiatre et addictologue, rappelle que l’utilisation de la cigarette électronique et des sachets de nicotine, notamment chez les jeunes, constitue une menace sérieuse pour la santé publique.
D’après la spécialiste, la cigarette électronique et les sachets de nicotine connaissent une popularité croissante, notamment parmi les jeunes. Dans les grandes villes comme Casablanca et Rabat, cette tendance est encore plus marquée, avec près de 12 % des lycéens déclarant avoir utilisé des cigarettes électroniques.
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Selon elle, les sachets de nicotine, gagnent également en popularité, particulièrement chez les étudiants, grâce à leur discrétion et leur marketing attractif. «La nicotine, qu’elle soit inhalée ou absorbée par voie orale, entraîne une dépendance rapide et peut causer des troubles psychologiques (anxiété, dépression) et cognitifs (mémoire, concentration), ainsi que des effets physiques (tachycardie, hypertension). Les sachets de nicotine, souvent utilisés en complément de la cigarette électronique, posent des risques supplémentaires: des irritations de la bouche, des nausées, voire des ulcères à long terme».
Solutions
Le combat contre l’addiction à la cigarette électronique et aux sachets de nicotine est complexe mais pas insurmontable. Selon Dr Imane Kendili, plusieurs solutions existent pour aider à surmonter cette dépendance. Un suivi psychiatrique ou addictologique est essentiel pour évaluer la dépendance et établir une stratégie de sevrage. Les substituts nicotiniques, tels que les patchs ou gommes, permettent de réduire progressivement l’apport en nicotine tout en atténuant les symptômes de sevrage.
D’autres alternatives existent comme les Thérapies cognitivo-comportementales (TCC), qui sont efficaces dans 60 à 70 % des cas pour réduire la dépendance. Elles aident à identifier les situations qui déclenchent l’envie de fumer et à adopter des stratégies alternatives, comme la respiration contrôlée ou l’écriture thérapeutique. Des programmes comme les Narcotiques Anonymes ou des groupes locaux de soutien ont également montré leur efficacité. Selon une étude de l’Université de Rabat, 78 % des anciens fumeurs ayant rejoint un groupe d’entraide ont maintenu leur abstinence après 12 mois, précise-elle.
Stratégies de prévention
D’après Dr. Imane Kendili, la lutte contre l’addiction à la nicotine au Maroc nécessite une approche multifacette, incluant la sensibilisation des jeunes et de leurs parents sur les risques cardiovasculaires liés à la nicotine, comme le souligne le Centre Antipoison et de Pharmacovigilance du Maroc. «Il est également essentiel de renforcer la réglementation pour limiter l’accès aux produits, à l’exemple de l’Australie, et de promouvoir des alternatives saines telles que les activités sportives et créatives. L’éducation dans les écoles, comme le montre une étude à Casablanca, aide les élèves à développer une attitude plus critique vis-à-vis du tabac. Les familles jouent un rôle clé en dialoguant avec les jeunes et en évitant de consommer de la nicotine. En effet, une enquête a révélé que 62 % des adolescents utilisateurs de cigarettes électroniques ont un parent ou un proche fumeur».
L’addiction à la cigarette électronique et aux sachets de nicotine est une problématique alarmante au Maroc. Ces produits ont été d’abord été perçus comme des alternatives au tabac, sauf que leur potentiel addictif constitue désormais une menace sérieuse.
