Alerte santé: le Ludiomil retiré en France mais vendu au Maroc, le vrai du faux

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La Fédération marocaine des droits du consommateur a tiré la sonnette d’alarme concernant la circulation au Maroc du médicament antidépresseur Ludiomil, qui a été retiré depuis plusieurs mois du marché français en raison de la détection de substances cancérigènes.

En France, l’ensemble des lots de ce médicament a fait l’objet d’un rappel aussi bien dans les pharmacies de ville que dans les hôpitaux. Une décision motivée par un défaut de qualité lié à la présence d’impuretés de type nitrosamine à des taux élevés. Après ce retrait, qui entraîne l’indisponibilité du médicament jusqu’à fin 2026, deux alternatives sont préconisées, à savoir l’amitriptyline ou la mirtazapine.

Quid du marché marocain? Bien que de nombreuses pharmacies n’aient plus de stock de Ludiomil depuis près de trois mois, tout laisse à croire que le produit circule toujours. La Fédération marocaine des droits du consommateur dénonce ainsi le «laisser-aller» du ministère de la Santé, estimant que le silence officiel face à ce dossier constitue une négligence grave.

«La rupture du produit dans les pharmacies ne signifie pas son retrait officiel du marché marocain. Il est impératif que le ministère de la Santé ordonne son retrait immédiat et publie un avis à destination des patients ayant déjà acheté ce médicament afin qu’ils le rapportent au laboratoire», défend pour H24Info Bouazza Kherrati, président de la Fédération.

Selon lui, cette mesure est d’autant plus urgente que Ludiomil est principalement prescrit aux personnes âgées et que la consommation prolongée des lots contaminés accroît les risques sanitaires.

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Du côté des pharmacies, la situation est confuse. Une dizaine d’officines contactées par nos soin ont confirmé la rupture du médicament depuis environ trois mois. Certains pharmaciens disent en connaître la cause, à savoir la présence d’impuretés dans les lots, tandis que d’autres l’ignorent.

«Cela fait presque trois mois que le laboratoire nous a demandé de restituer les lots reçus. Apparemment, ils contiennent des impuretés. Nous recommandons aux patients de consulter leur médecin afin de se voir prescrire une alternative», explique un gérant de pharmacie.

Pour sa part, Mohammed Lahbabi, président de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc, souligne que le médicament n’est plus distribué par les grossistes, ce qui rend son approvisionnement impossible.

Mais le professionnel déplore le manque de communication officielle: «Dans tous les pays, lorsqu’un lot ou un produit est retiré du marché, l’agence du médicament informe officiellement le Conseil national de l’Ordre des médecins, le laboratoire concerné ainsi que les grossistes répartiteurs. Or, nous, pharmaciens, l’avons appris uniquement par les médias. Nous devrions au moins disposer d’un document légal en main.»

Quant au médecin chercheur en politiques de santé Tayeb Hamdi, il souligne qu’il ne s’agit pas de la molécule en elle-même, mais bien de lots contaminés lors de la fabrication. «Le risque ne réside pas dans une consommation ponctuelle mais dans l’accumulation sur une longue durée. En France, les autorités ont demandé de réduire les doses et décidé le retrait tant que le problème persiste, car c’est l’exposition prolongée aux lots contaminés qui augmente le risque de cancer», précise-t-il.

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