L’équipe parlementaire du Parti de la Justice et du développement (PJD) a sollicité le Conseil…
Marché du médicament : le Conseil de la concurrence interpellé sur les pénuries et les prix
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Le Conseil de la concurrence a tenu une réunion avec les groupes parlementaires afin d’examiner les déséquilibres du marché du médicament, notamment les prix, les autorisations de mise sur le marché et les mécanismes de remboursement.
Le Conseil de la concurrence a tenu, mardi, une réunion de concertation avec les représentants des groupes et formations parlementaires, dans le cadre de l’élaboration d’un avis relatif aux prix des médicaments, aux autorisations de mise sur le marché (AMM) et aux mécanismes de remboursement.
Cette démarche fait suite à une demande formulée par le groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD), approuvée par le bureau de la Chambre des représentants.
Intervenant lors de cette rencontre, Mostafa Brahimi, vice-président du groupe parlementaire du PJD, a exposé la vision de sa formation concernant l’état de la concurrence dans le secteur pharmaceutique. Il a notamment souligné les ruptures répétées de médicaments dans les pharmacies ainsi que dans les établissements hospitaliers publics et privés. Selon lui, plusieurs appels d’offres lancés dans le secteur affichent des taux de réussite inférieurs à 50 %, ce qui conduit fréquemment au recours aux autorisations exceptionnelles de mise sur le marché (ATU).
Le député a estimé que cette situation va à l’encontre des principes de la libre concurrence, évoquant par ailleurs de possibles conflits d’intérêts impliquant certains responsables gouvernementaux, entre ceux détenant des entreprises pharmaceutiques en difficulté et ceux bénéficiant d’un nombre important d’appels d’offres ou d’autorisations exceptionnelles.
« Manque de transparence de la tutelle »
Mostafa Brahimi a également pointé le manque de transparence dans la communication des données du marché par le ministère de la Santé, privant ainsi les opérateurs d’informations essentielles à une concurrence équitable.
Il a, en outre, dénoncé les retards importants dans la délivrance des autorisations de mise sur le marché, pouvant atteindre jusqu’à trois ans, ce qui favoriserait certains acteurs dominants. Cette situation serait notamment liée à l’insuffisance des équipements du laboratoire national relevant de l’Agence nationale du médicament, qui ne disposerait que de six appareils HPLC.
Le transfert d’experts expérimentés vers l’administration centrale aurait également contribué à la baisse significative du nombre d’AMM délivrées, passé de 300 autorisations en 2024 à seulement 60 en 2025, avec des répercussions négatives sur le développement du médicament générique.
Concentration du marché de l’oxygène médical
La réunion a également abordé le dossier de l’oxygène médical et des gaz thérapeutiques. Le parlementaire a évoqué une forte concentration du marché entre les mains d’un nombre limité d’entreprises, dont certaines ne sont pas reconnues comme établissements pharmaceutiques industriels (EPI), ainsi que des pressions exercées sur les sociétés de distribution de générateurs d’oxygène, dans un contexte de soupçons d’ententes anticoncurrentielles.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la préparation de l’avis que le Conseil de la concurrence prévoit de rendre sur l’organisation du secteur pharmaceutique et la formation des prix des médicaments au Maroc.
