Abattage des chiens errants: désespérées, des associations demandent une intervention royale

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À l’approche des grandes manifestations sportives que le Maroc s’apprête à accueillir, un débat houleux refait surface depuis plusieurs mois concernant la gestion des chiens et chats errants dans les villes du Royaume.

Ce samedi 02 aout, devant le Parlement à Rabat, un groupe de membres d’associations de protection animale s’est mobilisé pour manifester et solliciter une intervention royale afin de mettre un terme à ce qu’ils qualifient «d’extermination systématique des chiens et chats errants».

Ce acteurs ont également adressé une correspondance au Roi Mohammed VI. Les signataires, six associations œuvrant pour la défense de la cause animale, affirment «avoir épuisé toutes les voies institutionnelles sans obtenir de réponse des autorités concernées.»

Les associations dénoncent des campagnes d’abattage visant ces animaux: «Nous tenons aujourd’hui à exprimer notre profond regret et notre vive indignation face aux campagnes d’extermination systématique des chiens et chats errants, menées dans la majorité des villes marocaines par les collectivités territoriales, en violation flagrante des principes constitutionnels et des engagements internationaux du Royaume».

Parallèlement, ces associations et autres acteurs civils engagés pour la protection de l’environnement et des animaux ont également adressé une lettre au ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, dans laquelle ils expriment plusieurs réserves concernant le projet de loi 19.25 relatif à la gestion des animaux errants et à la prévention des risques liés à leur présence.

Lire aussi: Laftit: «Le Maroc est la cible d’une campagne de désinformation sur les chiens errants»

Parmi ces réserves figure notamment l’article 5, qui interdit de nourrir ou d’héberger les animaux errants, une disposition que les associations jugent contraire aux principes religieuses ainsi qu’aux conventions internationales en matière de protection animale.

Les militants associatifs pointent également du doigt l’article 44, qui prévoit des sanctions à l’encontre de toute personne venant en aide à un animal errant, ce qui, selon eux, contredit les dispositions de l’article 431 du Code pénal marocain, lequel oblige tout citoyen à porter secours à un être en danger.

Contactée par H24info, Chaimaa El Filali, présidente de l’association Rescue Animal Morocco, précise: «Nous étions présents à Rabat pour attirer l’attention des autorités sur certains articles problématiques, notamment l’article 44, qui prévoit une amende de 1.500 à 3.000 dirhams pour toute personne ayant nourri ou aidé un animal errant. Accueillir des chiens errants chez soi, les nourrir ou leur venir en aide dans l’espace public, voire même les soigner sera strictement interdit. Nous dénonçons également les méthodes de certaines sociétés de développement local, qui se contentent d’abattre les chiens au lieu d’adopter une approche plus humaine.»

Pour conclure, les associations affirment ne pas être opposées à la mise en place d’un cadre réglementaire pour encadrer la gestion des chiens errants dans les villes marocaines. Cependant, elles insistent pour que ce cadre repose sur des approches scientifiques, environnementales et humaines.

Elles ont appelé également à une révision des articles problématiques du projet de loi et à l’instauration d’un dialogue avec les acteurs associatifs du secteur, en vue d’élaborer des stratégies concrètes, notamment l’application de la convention-cadre relative aux programmes de stérilisation, de vaccination et de réintégration via la méthode TNVR (Trap-Neuter-Vaccinate-Return).

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