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Affaire de la juge Malika El Amri: le procès reporté
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Le tribunal correctionnel de première instance d’Aïn Sebaa a reporté, ce vendredi, le procès de Malika El Amri, poursuivie en détention, au 31 juillet à cause de l’absence de la juge retraitée, hospitalisée dans un état critique.
Le tribunal correctionnel de première instance de Ain Sebaa a tenu, ce vendredi 26 juillet, une deuxième audience du procès de la juge retraitée Malika El Amri, poursuivie en détention après avoir accusé dans une vidéo des responsables judiciaires d’avoir facilité l’«appropriation illégale d’un terrain appartenant à son père».
La cour a décidé le report de l’audience au mercredi 31 juillet en raison de l’absence de l’accusée.
Les avocats de Malika El Amri ont déclaré que la détention provisoire est une mesure exceptionnelle, affirmant que l’accusée possède toutes les garanties nécessaires pour une poursuite en liberté. Ils ont demandé sa libération, soulignant son état de santé préoccupant et son long service de 34 ans dans le domaine judiciaire au service de son pays.
Dans une déclaration à la presse, la fille de la concernée a précisé que sa mère se trouve présentement à l’hôpital Mohammed V de Casablanca (Hay Mohammadi). «Après avoir été auditionnée pendant 20 jours par les éléments de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) à propos de sa vidéo, dont la dernière fois remonte au lundi 22 juillet, elle a été déférée devant le substitut du procureur près le tribunal d’Aïn Sebaa», a-t-elle raconté dans une émission du journaliste Hamid Mahdaoui.
«Après une audience en référé, le parquet a décidé de la poursuivre en détention. Ma mère n’a pas supporté la nouvelle, elle s’est évanouie avant d’être transférée à l’hôpital», a-t-elle poursuivi.
Santé détériorée
«Les médecins ont découvert qu’elle a comme une sorte de caillot sanguin et un CRP (protéine C réactive) très élevé en plus des maladies chroniques qu’elle a, notamment le diabète», a-t-elle regretté.
«Sa situation est très préoccupante, car elle a déjà eu, il y a quelques années, deux AVC (attaques cérébrales), et elle vient de contracter le Covid-19. Le médecin nous a dit qu’elle a des troubles des fonctions olfactives et gustatives», a-t-elle ajouté.
En plus d’être en quarantaine, la juge de 68 ans a eu une encéphalopathie hypertensive, selon la même source. Cette pathologie se traduit chez elle par des altérations de la vigilance, affirme la pharmacienne.
La vidéo qui fâche
Le 28 juin dernier, la chaîne YouTube Al Hayat Al Yaoumia avait diffusé une vidéo de l’ancienne juge où elle parlait de l’«appropriation par une mafia» d’un terrain appartenant à son père, évalué à plus de 600 millions de dirhams, en mentionnant les noms de hauts responsables judiciaires.
Le Ministère public a décidé de poursuivre Malika El Amri pour «diffusion et distribution d’allégations et de faux faits dans le but de porter atteinte à la vie privée des personnes, de les diffamer, d’insulter les magistrats et de porter atteinte à la police judiciaire en signalant un crime qu’elle savait ne pas avoir eu lieu».
Elle est également accusée d’«outrance à une autorité légalement constituée et de mépris des décisions judiciaires par des déclarations visant à saper l’autorité et l’indépendance du pouvoir judiciaire, ainsi que de faire des déclarations publiques dans le but d’influencer les décisions des magistrats avant qu’un jugement définitif ne soit rendu».
