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Ahmed Raissouni: le nouveau Code de la famille tend à restreindre les droits des hommes
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Ahmed Raissouni, ancien secrétaire général de l’Union internationale des savants musulmans, a commenté les propositions de réforme du Code de la famille après l’arbitrage royal et l’avis du Conseil supérieur des oulémas.
Connu pour animer le débat public sur les questions religieuses et politiques, Ahmed Raissouni, ancien président du Mouvement unicité et réforme (MUR), matrice du Parti justice et développement (PJD), n’a pas manqué de commenter les propositions de la réforme du Code de la famille après l’arbitrage royal et l’avis du Conseil scientifique suprême.
Dans un commentaire publié par le Centre Maqāṣid pour les études et les recherches (CMER), qu’il a fondé et dirige depuis 2012, Raissouni déclare: «En général, ces choix de jurisprudence islamique/juridiques sont des sujets sur lesquels on peut réfléchir, interpréter et modifier. Mais le problème réside dans cette tendance générale de l’interprétation (Ijtihad اجتهاد, NDLR) officielle, à savoir la pression exercée sur l’homme: avant le mariage, pendant le mariage, après le divorce et après la mort…!»
Une lourde dot pour la femme!
Raissouni estime que «le problème qui va s’aggraver avec cette orientation, et qui aura des effets négatifs sur la famille, la société et surtout sur la femme, est qu’elle poussera les jeunes à se détourner davantage du mariage et à en avoir peur, face à la facilité et la séduction de la vie de célibat et les relations libres».
Le spécialiste des finalités (Maqāṣid) de la Charia – règles doctrinales, sociales, cultuelles et relationnelles édictées par la Révélation – conclut en disant: «La femme verra davantage de droits, de gains et de pouvoirs s’ajouter, mais la présence du mari lui-même deviendra de plus en plus difficile. Et peut-être qu’en fin de compte, nous aurons besoin de la solution hindoue, où la femme paie une lourde dot (mahr) pour que l’homme accepte de se marier!»
Quelques nouveautés
Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a révélé mardi les nouveautés qui vont s’introduire dans la future Moudawana. Parmi celles-ci, il a annoncé qu’après l’entrée en vigueur des futurs textes de loi, la capacité matrimoniale sera acquise pour le garçon et la fille à 18 ans révolus, tout en prévoyant «une exception à cette règle pour les mineurs, fixée à 17 ans, avec plusieurs conditions garantissant que cela reste une exception dans l’application».
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Concernant la polygamie, le ministre a précisé que «nous avons adopté l’obligation de consulter la première épouse lors de la conclusion du contrat de mariage pour savoir si elle impose une clause de non-polygamie, et cela doit être mentionné dans le contrat de mariage. Si la femme exige cette clause, le mari ne pourra pas se remarier, en vertu de l’accord».
Toutefois, a-t-il ajouté, «en l’absence de cette clause, la justification exceptionnelle de la polygamie sera limitée à des cas comme l’infertilité de la première épouse, ou une maladie qui empêche la relation conjugale, ou d’autres situations que le juge pourra apprécier».
Les réformes comprennent également «un nouveau cadre pour la gestion des biens acquis pendant le mariage, avec une valorisation du travail de la femme au sein du foyer, considéré comme une contribution à l’enrichissement des biens communs durant le mariage».
Le ministre de la Justice a aussi souligné que «la garde des enfants sera désormais un droit commun entre les deux époux pendant le mariage» et que «la garde des enfants par la mère divorcée ne sera pas annulée, même si elle se remarie».
