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Maroc: les avocats haussent le ton et annoncent une grève générale d’une semaine
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Réunie en urgence le 10 juin 2026 à Rabat, l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a acté une grève générale d’une semaine à compter du 15 juin. En cause: les dernières déclarations du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, sous la coupole du Parlement.
La rupture semble consommée entre le ministère de la Justice et les instances ordinales du Royaume. Par la voix de son bureau exécutif, l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) durcit le ton et rejette toute demi-mesure. En dénonçant ouvertement une « méthode de diabolisation » et des « accusations fallacieuses » de la part de leur ministre de tutelle, les avocats actent l’impasse des négociations. Pour la corporation, le temps du compromis est révolu: place au bras de fer.
Du 15 au 21 juin 2026, les tribunaux du pays s’apprêtent à vivre une semaine blanche. L’ABAM a ordonné une « suspension globale et préventive » de l’ensemble des prestations professionnelles. Un coup de semonce destiné à gripper la machine judiciaire et à contraindre l’exécutif à revoir sa copie.
Ce mouvement de colère fait suite aux déclarations d’Abdellatif Ouahbi devant la Commission de justice et de législation de la Chambre des conseillers. Selon l’association présidée par le bâtonnier Al‑Houssine Ziani, le ministre aurait franchi « les limites du respect dû à la profession et à ses symboles ». L’ABAM fustige des propos jugés « provocateurs et irresponsables », perçus comme une tentative de dénigrement alors que la profession défend ses acquis historiques.
Au-delà du projet de loi très contesté sur la profession d’avocat, un nouveau front s’est ouvert: celui de la Mutuelle des barreaux du Maroc (MUPAM). L’association, visiblement piquée au vif par des insinuations de mauvaise gestion, rappelle que la mutuelle constitue une « concession sociale majeure » pour les avocats et leurs familles.
S’appuyant sur les textes réglementaires et la supervision de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), l’ABAM souligne que les rapports officiels d’audit consacrent la bonne gouvernance et la transparence de l’institution. Une manière de renvoyer le ministre à ses propres approximations.
Face à ce qu’ils qualifient d’« approche unilatérale » du ministère de la Justice, les avocats ont décidé de contourner Abdellatif Ouahbi. L’ABAM va saisir officiellement le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, pour dénoncer « le discours incendiaire et accusatoire » tenu par son ministre au Parlement. Elle prend soin de dissocier le ministre de la Justice du reste de l’appareil d’État, saluant la réactivité des parlementaires et « l’interaction positive » du Chef du gouvernement face à leurs doléances.
Pour enfoncer le clou, une sortie médiatique conjointe de la présidence de l’ABAM et de la MUPAM est programmée afin de « faire face aux contre‑vérités ». En maintenant son bureau exécutif en session ouverte, l’Association des barreaux prévient: si les canaux d’un dialogue institutionnel respectueux ne sont pas rétablis d’ici le 21 juin, la profession basculera vers une escalade inédite. Le bras de fer ne fait que commencer.
