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Casablanca: démolition à Lbhira malgré un recours judiciaire (vidéo)
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Dans le quartier Lbhira à la médina de Casablanca, une opération de démolition a été lancée dans la matinée du lundi 14 juillet. Cette intervention fait suite à un avis de démolition émis en avril dernier, dans le cadre du projet d’élargissement du marché Bab Marrakech, lié à l’aménagement de l’Avenue Royale.
Sur place, la scène s’est déroulée sous le regard silencieux et désemparé de nombreux habitants, témoins impuissants de la destruction. Parmi les immeubles ciblés figure une bâtisse ayant appartenu à Haj Ali El Manouzi, figure emblématique de la résistance contre le protectorat français. Ce bâtiment, considéré comme historique, est au centre d’une procédure judiciaire initiée par ses héritiers pour contester la décision de démolition.
La famille El Manouzi, par l’intermédiaire de son avocat, a déposé un recours en annulation auprès du président du tribunal administratif de Casablanca. Conformément à l’article 12 de la loi 94-12 relative au traitement des bâtiments menaçant ruine, un tel recours est censé entraîner la suspension automatique de l’exécution de la décision jusqu’à ce qu’un jugement définitif soit prononcé.
Ce recours est étayé par une expertise judiciaire contradictoire, à laquelle a participé une représentante de la présidente du Conseil communal en charge de l’urbanisme. Selon la famille, ni la préfecture de Casablanca ni les autres parties concernées ne se sont présentées, malgré une convocation en bonne et due forme. Le rapport d’expertise a pourtant conclu que l’immeuble ne présentait aucun danger d’effondrement, sa structure étant jugée solide.
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Dans une déclaration à H24info, Salaheddine El Manouzi, fils de Haj Ali El Manouzi, a témoigné : «Ce matin, tout le quartier a été bouclé. En tant qu’héritiers, nous nous sommes présentés sur les lieux pour demander l’identité et la qualité de la personne responsable de l’opération. Elle a refusé de répondre, se contentant d’affirmer qu’elle exécutait un ordre, sans jamais vouloir nous le montrer. Nous avons expliqué que le dossier était encore en instance devant la justice et que l’expertise avait confirmé que l’immeuble ne représentait aucun danger».
Il a précisé que la famille n’est pas opposée au projet de l’Avenue Royale, mais réclame des solutions équitables pour les neuf familles occupant cet immeuble. «En plus de perdre leur logement, ces familles n’avaient aucun lieu où entreposer leurs affaires après l’expulsion, ni d’endroit où aller», a-t-il déploré.
Concernant les propositions des autorités, Rachid, un habitant de l’immeuble, a affirmé qu’une aide de 9.000 dirhams leur avait été promise pour couvrir les frais de loyer temporaire. Cette aide serait en attente d’un tirage au sort pour l’attribution de logements dans les quartiers de Nassim ou aux environs de Mohammedia, moyennant une contribution de 100.000 dirhams.
Cependant, les habitants jugent cette solution insuffisante. «À Casablanca, 9 000 dirhams couvrent à peine la caution et un mois de loyer. Ce n’est pas une solution durable, surtout pour les familles nombreuses », a témoigné un résident. Une autre habitante a ajouté : « Même si un relogement est prévu, comment ces familles, aux revenus instables et exerçant de petits métiers, peuvent-elles réunir 100 000 dirhams ?».
