L'opération de démolition du plus ancien immeuble du quartier El Hank a débuté hier, vendredi.…
Médina de Casablanca: les habitants du quartier «L’Bhira» surpris par des avis de démolition
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À Casablanca, les habitants du quartier historique «L’Bhira», situé au cœur de l’ancienne médina, ont été pris de court par des avis de démolition concernant des immeubles, bâtiments et le marché central du quartier.
Selon les témoignages recueillis sur place par H24Info auprès des habitants et des commerçants du marché, les autorités de la ville se sont rendues sur place durant la dernière semaine du Ramadan pour les informer, de manière verbale, de l’obligation d’évacuer leurs logements, faute de quoi une intervention des forces publiques serait engagée.
Quelques jours plus tard, une commission d’inspection s’est déplacée sur les lieux. Par la suite, l’arrondissement de Sidi Belyout a délivré des avis officiels aux habitants et commerçants, leur ordonnant de quitter les lieux dans les plus brefs délais. Le document, dont H24Info détient une copie, affirme que les bâtiments concernés présentent un risque d’effondrement.
Face à cette décision, certaines familles ont commencé à préparer leur départ, bouleversées par la brutalité de l’annonce. D’autres ont décidé de s’y opposer en saisissant la justice. Elles demandent notamment l’annulation de la décision de démolition et son inscription dans le cadre d’une procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique, afin de pouvoir bénéficier d’indemnités.
Par ailleurs, certains habitants ont réalisé des expertises indépendantes sur l’état de leurs maisons dont les conclusions ont indiqué que les bâtiments ne présentaient aucun danger immédiat.
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Parmi les édifices concernés figure l’immeuble de feu Haj Ali El Manouzi, un des premiers résistants contre le protectorat français. Son fils a déclaré à H24Info: «Nous avons été surpris, à la fin du Ramadan, de recevoir un avis non daté, non signé, nous informant que l’immeuble serait en état de péril.»
Abdelkarim El Manouzi a ajouté qu’«il ne s’agit pas simplement d’un immeuble résidentiel mais d’un lieu de mémoire pour le Maroc. Et avant sa construction dans les années 1980, le site était dès la fin des années 1950 jusqu’aux années 1970 un lieu de réunion pour les résistants et les membres de l’Armée de libération nationale.»
Et de conclure: «Nous poursuivrons notre combat, non seulement pour notre famille, mais pour tous les habitants de ce quartier menacé.»
D’après les témoignages des habitants, la zone visée est destinée à accueillir de nouveaux immeubles dans le cadre du grand projet de l’Avenue royale qui devrait relier le bord de la mer du côté de la mosquée Hassan II et le centre-ville de Casablanca. Une information confirmée par Jawad Rassam, vice-président de l’arrondissement de Sidi Belyout.
Joint par H24Info, l’élu a expliqué que cette décision repose sur un rapport présenté par une commission présidée par le gouverneur et concluant que les bâtiments ciblés menacent effectivement ruine. « À notre niveau, nous suivons les recommandations de cette commission compétente. »
