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Condamnation d’une Marocaine pour traite d’êtres humains et travail dissimulé en France
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Elle faisait travailler dans les champs du sud-ouest de la France des Marocains sans contrat de travail et logés dans des conditions indignes: une femme de 50 ans a été condamnée à trois ans de prison avec sursis mercredi en France pour traite d’être humains et travail dissimulé.
Cette Marocaine habitant à Espiens (sud-ouest), absente à l’audience pour raisons médicales, faisait venir en France des compatriotes qui devaient débourser entre 5.000 et 10.000 euros pour travailler comme ouvriers agricoles. La prévenue sous-traitait ensuite cette main-d’oeuvre à des agriculteurs locaux.
Ces Marocains travaillaient « sans contrat de travail » pour la plupart, « faisaient beaucoup d’heures avec peu ou pas de jour de repos » et avec un salaire « très irrégulier », selon l’instruction.
Ils étaient également logés dans des conditions indignes, dormant sur des matelas « posés à même le sol sans draps avec une seule salle d’eau et un seul WC » au sous-sol sans chauffage d’un bâtiment « dégradé avec de l’humidité, de la moisissure », selon un rapport de l’inspection du travail cité par le président du tribunal à Agen (sud-ouest).
De février 2021 à juillet 2022, la justice française a recensé 24 Marocains recrutés directement ou indirectement par la prévenue dont une quinzaine se sont porté parties civiles.
Me Sarah Vasseur, avocate de l’une des parties civiles, a dénoncé « un esclavage des temps modernes ». « Ils sont venus en France pour travailler de manière régulière », mais la prévenue « a confisqué leurs papiers » et « sans papiers, sans argent, ne parlant pas la langue, ils avaient peur d’être arrêtés ».
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L’avocate de la défense Me Elea Cerdan a critiqué comme ses confrères et consoeurs « une enquête lacunaire et bâclée » et regretté que l’ex-mari de la mise en cause et le propriétaire du logement où les Marocains étaient hébergés n’aient « pas été entendus ».
« Les enjeux économiques locaux et la puissance de certains syndicats agricoles pourraient laisser à penser qu’il ne faut pas trop parler de ce type d’affaire », estime pour sa part Me Younes Derkaoui, avocat de onze parties civiles.
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Une des victimes, un homme de 21 ans, a fait une tentative de suicide, selon son avocate, Me Sylvia Goudenège. « Il culpabilise car sa mère s’est sacrifiée financièrement pour qu’il vienne en France », a-t-elle ajouté.
La mise en cause a également été condamnée à 50.000 euros d’amende avec sursis. Une audience pour évaluer les intérêts civils des parties civiles aura lieu le 6 octobre.
