GMT+1: pourquoi les Marocains rejettent massivement l’heure d’été (rapport)

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La Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC) a publié, 14 avril à Casablanca, une étude sans appel sur les répercussions du maintien de l’heure d’été (GMT+1) au Maroc. Entre fatigue chronique des élèves, insécurité matinale et factures énergétiques en hausse, le verdict des 2.845 Marocains sondés est sans appel: le système actuel est à bout de souffle.

Depuis son adoption par décret en 2018, le passage définitif à GMT+1 continue de crisper les foyers marocains. La Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC) est revenue cette semaine à la charge avec un rapport pour donner une voix scientifique aux doléances populaires. S’appuyant sur une enquête nationale massive menée auprès de diverses catégories sociales, elle dresse un tableau noir d’une mesure initialement pensée pour l’efficacité économique.

Un réveil dans le noir et l’insécurité

Le constat est particulièrement sombre pour la jeunesse. En hiver, le décalage entre l’heure légale et le cycle solaire transforme les matinées scolaires en calvaire. Selon le rapport, 65,1 % des 777 élèves et étudiants interrogés qualifient la qualité de leur sommeil de «mauvaise» ou «très mauvaise» avant la première séance.

Pire encore, l’étude soulève une faille sécuritaire: 61,2 % des apprenants déclarent ne pas se sentir en sécurité lors de leurs déplacements matinaux hivernaux. Une anxiété partagée par les parents d’élèves (391 répondants), qui voient dans ces départs aux aurores un risque accru pour l’intégrité physique de leurs enfants.

Enseignants: «La première heure est perdue»

Le corps enseignant n’est pas en reste. Sur les 300 professeurs sondés, 75 % notent une augmentation flagrante de l’absentéisme et des retards lors de la première séance en hiver. Mais c’est l’état physiologique des élèves qui inquiète le plus : 91,7 % des enseignants observent un mélange de fatigue profonde et d’instabilité émotionnelle chez leurs élèves.

Lire aussi. GMT+1 au Maroc: plus de coûts que de gains? (analyse)

Le verdict pédagogique est sans appel: pour 66,6 % des professeurs, la première heure de cours ne sert plus à l’acquisition de savoirs, mais est sacrifiée à la lutte contre la somnolence généralisée.

Le mirage des économies d’énergie

L’argument du gouvernement lors de l’adoption de cette mesure était l’économie d’énergie. Pourtant, l’enquête de la FNAC vient contredire ce postulat au niveau domestique: 60,8 % des répondants affirment avoir constaté une hausse de leur consommation d’électricité et de chauffage le matin.

Loin d’alléger les charges, le GMT+1 alourdirait donc le budget des ménages, non seulement en kilowatts, mais aussi en frais de transport pour assurer la sécurité des enfants. Pour la majorité des sondés, le gain théorique pour l’État ne se reflète absolument pas dans le portefeuille des citoyens.

Si l’enjeu de l’alignement sur les partenaires européens reste la priorité des technocrates, la FNAC plaide pour que l’humain reprenne ses droits. La recommandation principale du rapport est claire: un retour au système d’alternance saisonnière (GMT+0 en hiver/GMT+1 en été). Un compromis qui permettrait de préserver les soirées longues en été tout en réalignant l’heure légale sur le cycle biologique durant les mois les plus froids.

Pour les consommateurs, le dossier ne peut plus être géré par de simples décrets: il nécessite une consultation nationale incluant experts en chronobiologie et acteurs civils. En attendant, les Marocains continuent de vivre avec cette impression persistante d’avoir une heure de retard sur leur propre rythme biologique.

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