La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tanger a condamné le tiktokeur Adam…
Tanger : 6 ans de prison ferme pour la mère du tiktokeur Adam Benchakroun
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La justice à Tanger a condamné la mère du tiktokeur Adam Benchakroun à six ans de prison ferme, assortis d’une lourde amende et d’une interdiction d’activité sur les réseaux sociaux, dans une affaire aux charges particulièrement graves.
La chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Tanger a rendu, dans les premières heures de ce mercredi 1er avril, un jugement condamnant la mère du tiktokeur Adam Benchakroun à six ans de prison ferme.
La juridiction a également prononcé une amende de 1 million de dirhams, ainsi qu’une interdiction d’exercer toute activité sur les réseaux sociaux pendant 10 ans.
Des accusations graves retenues
Selon le jugement, la prévenue était poursuivie pour plusieurs chefs d’accusation lourds, notamment :
- traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle
- participation à la production et à la diffusion de contenus pornographiques
- atteinte aux mœurs et à la morale publique
- diffusion de fausses informations portant atteinte à la vie privée
- diffamation, injures et violences
- manquement aux obligations parentales ayant causé un préjudice aux enfants
Une affaire à forte portée sociale
La cour a estimé que les faits constituent une atteinte grave aux droits de l’enfant et aux valeurs morales, d’autant plus qu’ils impliquent un parent et l’usage de plateformes numériques dans un cadre transfrontalier.
Cette affaire s’inscrit dans un dossier plus vaste impliquant également Adam Benchakroun et d’autres figures actives sur les réseaux sociaux.
Peine réduite pour Adam Benchakroun
La même cour a réduit, mercredi dernier, la peine de Adam Benchakroun de trois à deux ans de prison ferme, après réexamen du jugement de première instance. La présidente de la séance, tenue dans la salle 2 du tribunal de Tanger, a décidé de rendre les débats non publics, invoquant des considérations liées à « l’ordre moral », alors que le procès en première instance s’était déroulé en présence des médias.
Le dossier trouve son origine dans des plaintes déposées par des voisins du quartier Dar Tounsi, dénonçant des comportements jugés inappropriés et la diffusion de contenus controversés sur les réseaux sociaux.
En première instance, Adam Benchakroun avait été condamné à trois ans de prison ferme, assortis d’une interdiction d’utiliser les réseaux sociaux pendant dix ans, pour publication de contenus jugés contraires aux bonnes mœurs et troubles à la tranquillité du voisinage.
Une affaire aux ramifications multiples
La décision d’appel, qui maintient la condamnation tout en réduisant la peine, est perçue par certains comme relevant du pouvoir d’appréciation du juge. Elle s’inscrit dans une volonté de faire respecter les lois encadrant les contenus numériques et la préservation de l’ordre public.
D’autres estiment toutefois que les faits reprochés justifieraient des sanctions plus sévères, au regard de leur impact sur la société, notamment auprès des jeunes publics.

Parallèlement, la mère de Adam Benchakroun fait l’objet de poursuites dans une affaire distincte liée à des accusations de traite d’êtres humains, aux côtés d’un autre influenceur connu sous le pseudonyme « Moulinex ».
Ce dernier a été condamné ce mercredi lui aussi à six ans de prison ferme assortie d’une amende de 1 million de dirhams.
Une vidéo virale à l’origine de l’affaire
Le dossier trouve son origine dans la circulation d’une vidéo montrant une altercation violente entre la mère, son fils et des voisins dans un immeuble de Tanger.
Initialement centré sur un conflit de voisinage lié à des nuisances sonores, le dossier a progressivement révélé des éléments plus préoccupants: présence présumée de contenus interdits produits au domicile familial, monétisation illégale et possible exploitation de personnes vulnérables.
Une affaire qui interroge la régulation numérique
Au-delà de l’aspect judiciaire, cette affaire met en lumière l’urgence de renforcer la protection des mineurs, la responsabilité des créateurs de contenus et la régulation des pratiques numériques. Elle pose aussi la question de la capacité des plateformes à limiter la diffusion de contenus nuisibles ayant des répercussions directes sur la société.
La tenue séparée des procès, c’est-à-dire celui du tiktokeur mineur ainsi que ceux de la mère et des autres tiktokeurs et influenceurs cités dont Moulinex, a permis d’établir plus clairement les responsabilités individuelles, mais l’affaire soulève également de nombreuses interrogations sur la nécessité d’un encadrement plus strict des contenus en ligne.
