L'Association marocaine des droits humains (AMDH) a annoncé qu’elle va organiser une manifestation, dimanche 16…
Marrakech: le pédophile koweïtien en fuite condamné à 5 ans de prison, colère des défenseurs des droits de l’enfant
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La chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Marrakech a enfin prononcé son jugement, jeudi 26 juin, dans l’affaire dite du «pédophile koweïtien».
Accusé du viol d’une mineure de moins de 14 ans, le ressortissant koweïtien a été condamné par contumace à 5 ans de prison ferme. Un jugement qui suscite l’indignation des défenseurs des droits humains, tant au Maroc qu’à l’étranger.
Une affaire qui scandalise depuis 2019
La condamnation intervient après 28 audiences étalées sur 69 mois, dans un dossier qui a profondément choqué l’opinion publique. En dépit de la gravité des faits et de ses aveux lors de l’instruction, l’accusé a pu fuir le Maroc en janvier 2020, grâce à une libération provisoire étonnamment accordée sans retrait de passeport ni interdiction de quitter le territoire, mais sur simple engagement écrit de l’ambassadeur du Koweït.
Selon la section de Marrakech de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), le prévenu n’avait assisté qu’à une seule audience, le 28 janvier 2020, avant d’être libéré et exfiltré vers le Koweït, avec l’implication directe de sa représentation diplomatique.
Viol aggravé et délit de fuite du pédophile koweïtien
Les faits remontent à juillet 2019, lorsque le prévenu, alors âgé de 24 ans, a été accusé d’avoir violé à plusieurs reprises une mineure de 14 ans dans une villa du quartier touristique de la Palmeraie à Marrakech. Il aurait également emmenée sa victime dans une boîte de nuit, malgré son jeune âge, ce qui constitue un ensemble de crimes graves, assimilables à de la traite des êtres humains, selon les associations.
Après la fuite du pédophile koweïtien, le ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme et des Relations avec le Parlement d’alors, Mustapha Ramid, avait réagi sans mâcher ses mots.
«S’il y a un cas de viol commis par un citoyen marocain ou étranger pour lequel on a accordé la liberté provisoire, cela ne peut être qu’une faute grave que la justice ne doit pas commettre», avait déclaré le 15 février 2020 Ramid, qui s’exprimait lors d’une conférence organisée au Salon du livre de Casablanca.
Indignation face à un jugement « scandaleusement indulgent »
Dans un communiqué virulent, l’AMDH s’interroge aussi sur les conditions du désistement suspect des parents de la victime, et pointe du doigt l’absence d’audition du propriétaire de la villa et du gérant du club nocturne, deux lieux clés dans le déroulement des faits.
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Les défenseurs des droits humains dénoncent un jugement trop clément face à des actes aussi graves, et qui plus est, ont été reconnus par l’accusé. Ils rappellent que la justice a fait preuve de laxisme en autorisant la libération du prévenu sans aucune garantie judiciaire sérieuse, compromettant ainsi l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Appel à une réforme législative urgente
L’AMDH par ailleurs les autorités marocaines de silence coupable et les autorités koweïtiennes de protéger un criminel sexuel, appelant à des sanctions diplomatiques et à des mécanismes de coopération judiciaire contraignants.
Le communiqué conclut par un appel à la législation marocaine pour criminaliser explicitement la pédophilie, renforcer les peines en cas de viols sur mineurs, et octroyer au juge des mineurs le pouvoir d’agir dans l’intérêt supérieur de l’enfant, même en cas de retrait de plainte par le tuteur légal, souvent sujet à des pressions ou des manipulations.
