Santé: la pénurie de méthadone continue de préoccuper les soignants

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Le Maroc connaît récemment une crise liée à une pénurie de méthadone, un médicament essentiel dans le traitement de la dépendance aux opioïdes. Malgré l’annonce d’un approvisionnement par le ministère de la Santé, les professionnels du secteur continuent de déplorer l’insuffisance des stocks qui mettrait danger la prise en charge des patients.

Privés de leur traitement, de nombreux patients ont exprimé leur détresse en manifestant dans plusieurs villes, notamment à Tanger et Tétouan, réclamant leur droit aux soins.

Face à cette situation préoccupante, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a annoncé l’arrivée d’un nouvel approvisionnement en méthadone, permettant ainsi la reprise normale de la distribution dans les centres de soins spécialisés. Dans un communiqué, le ministère a assuré que l’ensemble des centres d’addictologie du Royaume ont été réapprovisionnés en quantités suffisantes afin de garantir la continuité des traitements.

Contactée par H24info, la Dr. Imane Kendili, psychiatre spécialisée en addictologie et en pathologies associées, a déclaré: «malheureusement, les traitements sont insuffisants puisqu’ils sont prescrits à vie et il n’existe pas d’autres traitements de substitution à la méthadone au Maroc, car ces alternatives ne sont pas disponibles».

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L’addictologue a confié : «il y a deux ans, nous avons mené des formations dans le cadre d’African Health Management, en collaboration avec le ministère de la Santé, dans le nord du Maroc, au sein des centres d’addictologie. Lors de ces formations, nous avons remis des rapports concernant l’utilisation de la méthadone, ainsi que l’absence de formations visant à adapter la dégressivité et à définir la dose minimale efficace».

Dans ce sens, Imane Kendili a expliqué que certaines personnes sont sous des doses de 120 ou 80 mg de méthadone sans aucune réduction de leur posologie. Elle souligne également que les patients sous méthadone reçoivent un traitement de substitution pour éviter la consommation de substances opioïdes, notamment l’héroïne, qu’elle soit injectable ou fumée.

« Ces patients ont besoin de ce traitement pour fonctionner normalement et prévenir les effets du sevrage. Cela inclut des risques importants, tels que la dépression, les comportements suicidaires, l’augmentation de la criminalité, ainsi que des passages à l’acte agressifs, que ce soit envers eux-mêmes ou les autres. Le problème est donc d’une gravité extrême».

Enfin, la Dr. Imane Kendili a précisé que l’incapacité à garantir un accès continu à la méthadone peut avoir des conséquences non seulement sur la santé physique et psychiatrique des patients, mais aussi sur leur bien-être social et leur risque de criminalité. Ce sont des patients qui nécessitent un suivi régulier, et l’arrêt brutal de la méthadone n’est pas une option. Pour les patients les plus dépendants, la méthadone n’est pas interrompue, elle est simplement maintenue à la dose minimale efficace, souvent à vie, car il est essentiel de conserver un traitement de substitution.

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