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Défense: les forces et les faiblesses du Maroc (rapport)
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Un rapport, publié par la Global Governance & Sovereignty Foundation et Konrad-Adenauer-Stiftung souligne la modernisation des systèmes de défense militaire marocains, mais appelle à des efforts accrus pour les capacités navales et la cybersécurité.
Le Maroc est engagé dans une transformation significative de ses capacités de défense, marquée par des investissements stratégiques dans des systèmes militaires avancés, résume un rapport publié par la Global Governance & Sovereignty Foundation en collaboration avec la fondation allemande Konrad-Adenauer-Stiftung. Cette démarche est une réponse à un environnement régional complexe, caractérisé par des rivalités, l’instabilité et des menaces émergentes, précise le document.
Le rapport oppose l’approche marocaine à celle de l’Algérie, qui se classe troisième mondialement en termes de ratio dépenses militaires/PIB. Le Maroc, pour sa part, privilégie une approche qualitative axée sur les systèmes aériens. Ainsi, le 5 mars 2025, les Forces Armées Royales (FAR) ont accueilli des hélicoptères de combat américains AH-64 Apache, marquant une étape majeure dans cette transformation. Le pays a également acquis des drones turcs Bayraktar TB2 et Bayraktar Akinci. Ces drones améliorent considérablement les capacités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) et offrent des capacités d’attaque.
Système de défense militaire marocain au service de la stabilité
Pour soutenir ces acquisitions, Baykar, le fabricant turc, a annoncé début 2025 l’ouverture d’une nouvelle usine de maintenance et de production au Maroc, capable de produire jusqu’à 1.000 drones annuellement. Cela favorisera l’expertise locale et réduira la dépendance étrangère, s’alignant sur la vision marocaine de souveraineté industrielle, poursuit le rapport.
De plus, des F-16 Block 70/72 américains sont prévus pour 2027, équipés de radars avancés. L’acquisition d’Atmos 2000 israéliens et de Caesar français renforce également la capacité d’artillerie des FAR. Un accord de 2023 a vu les États-Unis approuver la vente à Rabat de systèmes HIMARS et de missiles ATACMS pour 750 millions de dollars.
Cette modernisation permet au Maroc de jouer un rôle central dans la stabilité régionale et la coopération internationale en matière de sécurité. Les drones avancés et les systèmes de guerre électronique facilitent une surveillance proactive des menaces transfrontalières, offrant une présence stabilisatrice au Sahel.
Le Maroc est par ailleurs un membre du Dialogue méditerranéen de l’OTAN depuis 1994, renforçant ainsi son interopérabilité avec les États occidentaux. Sa participation annuelle à l’exercice African Lion avec les États-Unis, le plus grand exercice militaire américain en Afrique, amplifie son rôle dans les cadres de sécurité mondiaux et sa position en tant que partenaire clé pour contrer les menaces basées au Sahel. Sa situation stratégique lui confère également un rôle vital dans la sécurisation du détroit de Gibraltar et de l’espace maritime transatlantique.
Malgré ces avancées, le Maroc doit naviguer attentivement pour maximiser l’impact de ses investissements, suggèrent les auteurs du document. Ils estiment que la gestion de la diversité des fournisseurs est cruciale pour éviter la surdépendance et assurer la résilience face aux changements d’alliances mondiales.
Bien que des partenariats avec les États-Unis, la France et la Turquie fournissent des systèmes avancés, le Maroc doit maintenir un portefeuille équilibré en négociant des contrats incluant des transferts de technologie et des clauses de production locale. L’intégration de systèmes complexes exige des investissements soutenus dans la formation et l’infrastructure.
En 2024, le Maroc a alloué 5,5 milliards de dollars aux dépenses militaires, représentant 3,5% de son PIB, soit une augmentation de 2,6 % par rapport à 2023. Le développement d’une industrie de défense souveraine, un pilier de la vision marocaine , nécessite de surmonter les lacunes technologiques et d’expertise à travers des partenariats à long terme et l’innovation. Le Maroc, récemment intégré dans la chaîne de production mondiale du F-16 de Lockheed Martin, peut capitaliser sur sa position géographique pour établir des centres de fabrication de défense.
En outre, le Royaume doit veiller à ce que ses investissements militaires soient perçus comme un moyen de stabilité plutôt que de provocation, afin d’éviter une course aux armements coûteuse qui pourrait détourner des ressources de ses objectifs de développement plus larges, conseille le rapport.
Optimiser la défense militaire du Royaume
Bien que les efforts de modernisation récents se soient concentrés sur les forces terrestres et aériennes , le rapport souligne que les capacités navales du Maroc nécessitent un renforcement pour sécuriser son vaste littoral et ses intérêts maritimes. Des investissements futurs dans des frégates polyvalentes et une stratégie maritime sont nécessaires. Selon la fondation Konrad-Adenauer-Stiftung, le Maroc devra également renforcer son expertise en guerre hybride, notamment en matière de cyberopérations, et pourrait établir un commandement cybernétique dédié, en collaboration avec des alliés comme l’OTAN.
En résumé, les investissements du Maroc dans la défense jettent des bases solides pour sa souveraineté et son leadership régional. Un accent continu sur la diversification, le développement industriel et le renforcement des capacités navales et cybernétiques permettra au Royaume de consolider sa position en tant que puissance multi-domaine polyvalente et leader de la sécurité régionale dans un paysage géopolitique de plus en plus complexe.
