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The Geopolitics: comment l’Algérie vassalise une Tunisie affaiblie pour bloquer le Maghreb
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Le conflit entre l’Algérie et le Maroc est entré dans une phase critique, et toute « accalmie temporaire » envisagée par Washington resterait fragile et réversible tant que les instruments de déstabilisation régionale contrôlés par le régime algérien ne seront pas désactivés, a averti dans une analyse la revue américaine The Geopolitics, spécialisée dans les relations internationales.
L’analyse souligne que le système politique algérien repose sur une idéologie nationaliste anti-marocaine servant de pilier à sa légitimité interne, ce qui rend tout rapprochement avec Rabat vulnérable aux revirements, même en cas de coopération avec Washington sur le plan sécuritaire ou énergétique.
Emprise directe sur la Tunisie
The Geopolitics estime également que l’Algérie exerce une emprise directe sur la Tunisie, qu’elle traite comme une « province de facto », utilisée comme carte de pression contre le Maroc et contre toute tentative de consolidation d’une paix maghrébine durable. Selon la même source, rompre cette influence algérienne est un préalable structurel à toute « nouvelle architecture régionale » fondée sur la prospérité et la coopération.
Intitulée «Paix contagieuse, prospérité stratégique en Afrique du Nord: pourquoi tout commence à Tunis (Peace contagion and strategic prosperity in North Africa: Why it begins in Tunisia)», l’analyse revient sur l’évolution du Maghreb depuis 2011, rappelant qu’à la suite de la révolution tunisienne, la région semblait prête à s’ouvrir à une ère d’intégration économique et de modernisation, avec Tunis comme modèle démocratique moteur.
Basculement de la diplomatie tunisienne
Mais une décennie plus tard, cette promesse s’est estompée : la Tunisie fait face à un effondrement économique, une régression des libertés et un isolement diplomatique accentué. Le tournant autoritaire du président Kaïs Saïed aurait, selon The Geopolitics, détourné la diplomatie tunisienne de sa tradition d’équilibre, la rapprochant d’Alger au détriment de sa neutralité, notamment dans le dossier du Sahara, en soutenant le référendum du “polisario” et en offrant un accueil officiel à Brahim Ghali.
La même source met en garde : ce réalignement compromet l’autonomie stratégique de Tunis et affaiblit la dynamique de paix et de prospérité régionale dans un contexte où l’Afrique du Nord a besoin d’ouverture et de réformes, non d’enfermement.
Washington serait en quête d’un axe Rabat–Tunis réformiste
D’après The Geopolitics, Washington s’intéresse désormais de près au conflit algéro-marocain, voyant dans sa résolution un levier de stabilité régionale. Mais tant que le régime algérien continuera de fonder sa légitimité sur l’hostilité envers Rabat, toute détente restera superficielle.
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L’analyse souligne que la Tunisie doit être intégrée comme troisième pilier stratégique de la stabilité régionale : un axe Rabat–Tunis réformiste et ouvert pourrait devenir la colonne vertébrale d’un partenariat maghrébin modernisé, arrimé aux États-Unis et aux pays des Accords d’Abraham, autour de la technologie, des investissements et de l’innovation.
Deux mois décisifs
Citant l’émissaire américain Steve Witkoff, la revue évoque un projet de Washington visant à restaurer les relations algéro-marocaines sous deux mois, tout en neutralisant les relais régionaux d’Alger, dont Tunis, afin d’éviter que le régime algérien ne sabote la paix.
La même source appelle ainsi à isoler la Tunisie de la pression algérienne grâce à une coopération sécuritaire et technologique américaine, incluant surveillance frontalière, drones et systèmes de contrôle conjoints, afin d’assurer un environnement propice à l’investissement.
Dans cette veine, The Geopolitics plaide pour une refonte complète de la gouvernance régionale : un Maghreb libéré de la logique des crises, fondé sur l’interdépendance économique et la sécurité collective. Sans une Tunisie libérée de la tutelle d’Alger, la paix entre le Maroc et l’Algérie ne restera qu’une trêve fragile ; mais avec une Tunisie réformée et souveraine, c’est tout le Nord de l’Afrique qui pourrait entrer dans une nouvelle ère — celle d’un “peace contagion”, un « effet de contagion pacifique » où la prospérité deviendrait le véritable ciment de la stabilité régionale.
