Variant marocain de la rougeole: les précisions d’un expert

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Une étude menée par l’université belge KU Leuven a révélé la présence d’un variant marocain du virus de la rougeole dans les eaux usées de Bruxelles. Explications avec le Dr Tayeb Hamdi.

Selon les informations rapportées par la presse belge, ce variant, identifié sous le génotype B3, a atteint une concentration particulièrement élevée ces dernières semaines, avec un pic enregistré le 11 mars. Les mêmes source affirment que Elke Wollants, responsable de laboratoire au sein du Rega Instituut de la KU Leuven, a tiré la sonnette d’alarme face à la propagation de ce virus, qui «se répand rapidement à travers l’Europe».

Les Pays-Bas ont signalé 45 cas en seulement deux semaines, une recrudescence est également observée en Espagne et en France, tandis qu’entre février 2024 et janvier 2025, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a recensé 551 cas sur le territoire belge.

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Selon Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en systèmes et politiques de santé, la détection des virus dans les eaux usées est une pratique courante dans de nombreux pays, y compris au Maroc. Il explique: «Chaque pays fixe ses objectifs de surveillance en fonction de deux critères principaux: le contexte international, notamment en cas d’apparition de nouveaux agents pathogènes, en plus de la menace potentielle pour la santé publique dans le pays concerné». Ainsi, chaque pays choisit les virus à surveiller en fonction de ces éléments, car cette surveillance a un coût.

«Tout à fait normal»

Concernant la détection d’un génotype du virus de la rougeole provenant du Maroc, Dr Hamdi répond que «cela est tout à fait normal. La rougeole est une maladie extrêmement contagieuse qui se propage facilement d’un pays à l’autre, comme cela s’est produit entre le Maroc et d’autres régions du monde. Il y a quelques années, le Maroc enregistrait moins de 10 cas par an.» 

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Il est impossible d’empêcher totalement l’importation du virus, mais cela ne signifie pas que les cas importés sont responsables des flambées épidémiques, précise notre interlocuteur. «Les épidémies ne sont pas dues aux cas importés, mais plutôt à une couverture vaccinale insuffisante. Les cas importés restent des cas isolés quand l’immunité collective contre la rougeole est de 95% ou plus.» Ainsi, la présence de flambées épidémiques en Belgique indique que l’immunité collective est inférieure à 95%, observe-t-il.

Pas de virus spécifique au Maroc

Il n’existe pas de virus de la rougeole spécifique au Maroc, insiste par ailleurs Dr Hamdi, expliquant que le virus de la rougeole est classé en huit clades (A à H), et chaque clade comprend plusieurs génotypes. «Au total, 24 génotypes ont été identifiés. Certains génotypes sont plus répandus dans certaines régions du monde. Par exemple, les génotypes B2 et B3 sont principalement présents en Afrique. Les génotypes H1, H2 et H3 se retrouvent en Inde et au Maroc», élabore-t-il.

«Cependant, il n’existe aucun risque de résistance vaccinale lié aux génotypes, car le virus de la rougeole est monotypique. Il possède un seul type de protéines de surface, ce qui signifie que tous les génotypes déclenchent la même réponse immunitaire. Ainsi, un vaccin contre la rougeole protège efficacement contre toutes les variantes du virus», conclut-il.

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