Al-Chareh: «Israël cherche à déstabiliser la Syrie, mais nous ne craignons pas la guerre»

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Ahmed al-Chareh, Syrie, Damas
Le président intérimaire syrien Ahmad al-Chareh prononçant un discours, le 17 juillet 2025, en pleine escalade avec Israël © DR

Le président syrien Ahmad al-Chareh, disant vouloir éviter une « guerre ouverte » avec Israël, a adressé jeudi un message à ce dernier: «Nous ne craignons pas la guerre».

Le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, s’est adressé ce jeudi à la nation, dans un discours solennel marqué par les événements récents à Soueïda et les frappes israéliennes sur Damas. Il a fermement accusé Israël de vouloir porter atteinte à la stabilité de la Syrie et de semer la discorde entre les composantes du peuple syrien.

À la suite de l’annonce d’un cessez-le-feu fragile à Soueïda, Al-Chareh a salué « les sacrifices du peuple syrien dans sa lutte pour la liberté et la dignité », affirmant que « les Syriens restent prêts à défendre leur honneur face à toute menace ».

Évoquant les frappes israéliennes ayant visé le quartier général de l’état-major et les abords du palais présidentiel à Damas, il a dénoncé un nouvel épisode de provocation calculée : « Le régime sioniste, qui n’a cessé depuis la chute de l’ancien pouvoir de saboter notre stabilité et d’exacerber les divisions, cherche encore une fois à transformer notre sol en terrain de chaos permanent, à briser notre unité et à entraver notre processus de reconstruction. »

Selon Al-Chareh, Israël utilise « tous les moyens pour alimenter les conflits », mais ignore que les Syriens « ont toujours refusé la division, et que posséder une grande puissance ne signifie pas forcément remporter la victoire ». Et d’ajouter : « On peut commencer une guerre, mais il est bien plus difficile d’en contrôler les conséquences. »

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Il a averti contre les tentatives de pousser la Syrie dans un conflit à grande échelle, en soulignant que le pays n’est pas un champ d’expérimentation pour des agendas extérieurs, ni un théâtre pour la mise en œuvre « des ambitions d’autrui au détriment du sang de nos enfants et de nos femmes ».

Les Druzes, un élément fondamental

Dans un message direct aux Druzes de Soueïda, Al-Chareh a qualifié cette communauté d’« élément fondamental du tissu national », en réaffirmant que la protection de ses droits et libertés est une priorité de la présidence. Il a ainsi dénoncé les tentatives de division et les interférences politiques extérieures, tout en appelant à l’unité.

Le dirigeant a par ailleurs reconnu le rôle déterminant joué par les médiations américaine, arabe et turque, ayant permis d’éviter une escalade : « Sans cette médiation, nous étions à deux doigts de devoir choisir entre une guerre ouverte avec Israël, avec tout ce que cela impliquerait pour nos compatriotes druzes, ou l’option de laisser les sages et les chefs religieux de la montagne revenir à la raison et défendre l’intérêt national ».

Israel continue les menaces

Israël avait menacé d’intensifier ses frappes si le pouvoir syrien ne quittait pas cette province du sud de la Syrie. Les habitants de Soueida ont découvert jeudi matin une ville sinistrée. Un correspondant de l’AFP a compté 15 cadavres gisant dans le centre de la ville, sans pouvoir indiquer s’il s’agissait de combattants ou de civils.

Les violences intercommunautaires ont fait plus de 370 morts depuis que des combats ont éclaté dimanche, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Elles viennent ébranler encore plus le pouvoir d’Ahmad al-Chareh.

Jeudi matin, les forces gouvernementales s’étaient retirées de toute la province à majorité druze, a indiqué l’OSDH.

Damas bombardée

Des membres des forces gouvernementales ont affirmé à un correspondant de l’AFP posté aux abords de la province qu’ils avaient reçu l’ordre de se retirer peu avant minuit et avaient achevé leur redéploiement à l’aube.

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Dans un discours télévisé pendant la nuit, Ahmad al-Chareh avait annoncé le transfert « à des groupes locaux » et des dignitaires religieux druzes la responsabilité du maintien de la sécurité à Soueida. « Nous avons donné la priorité à l’intérêt des Syriens plutôt qu’au chaos et à la destruction« , a déclaré Al-Chareh.

Quelques heures plus tôt, Israël avait bombardé plusieurs cibles au coeur de Damas.

Une aile d’un bâtiment du quartier général de l’armée syrienne, contigu au ministère de la Défense, a été détruite par ces frappes, qui ont fait trois morts selon les autorités. Israël a également mené d’autres frappes aux abords du palais présidentiel et dans les environs de Damas.

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