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Nouveau phénomène migratoire: des Marocains abandonnent leurs enfants aux services sociaux en Espagne
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À Bilbao, des familles marocaines déposent volontairement leurs enfants mineurs aux portes des services sociaux espagnols, espérant qu’ils intègrent le réseau d’accueil des MENAs.
Un nouveau phénomène migratoire, aussi discret que préoccupant, inquiète les autorités espagnoles. Depuis plusieurs mois, des familles marocaines acheminent leurs enfants mineurs jusqu’à Bilbao, parfois munis d’un visa, avant de les abandonner volontairement aux portes des services sociaux de la province de Biscaye. L’objectif: les faire intégrer le réseau d’accueil des mineurs étrangers non accompagnés (MENAs), géré par le Conseil provincial.
Selon les révélations du quotidien El Correo et du site La Gaceta, ces cas se multiplient. Des parents, souvent issus de la classe moyenne, accompagnent leurs enfants jusqu’à la capitale basque, puis leur indiquent le commissariat de police — parfois avec un mot griffonné sur un bout de papier : « Je suis mineur non accompagné. J’ai besoin d’aide ». Une fois le signalement effectué, les adultes repartent au Maroc, laissant leurs enfants aux soins de l’administration espagnole.
Des profils en mutation
Contrairement aux vagues migratoires précédentes, composées majoritairement de jeunes issus de milieux défavorisés, ces nouveaux arrivants viennent de grandes villes. Certains sont issus de familles aux revenus moyens, note la presse espagnole. Pourquoi des foyers relativement aisés choisissent-ils de confier leurs enfants à un système étranger de protection sociale ?
Un porte-parole de la communauté marocaine en Biscaye a confirmé aux médias connaître plusieurs cas, tout en soulignant que la majorité des enfants finissent dans la rue.
Une stratégie bien rodée
Les autorités espagnoles relèvent une organisation quasi méthodique. Les jeunes savent qu’ils ne doivent pas présenter leur passeport, afin d’éviter toute expulsion. Certains inventent des parcours migratoires fictifs — traversée en patera, arrivée par bus depuis Almería — alors que les registres contredisent leurs récits.
La police espagnole soupçonne l’existence de réseaux bien organisés, qui conseilleraient les familles sur les démarches à suivre pour maximiser les chances d’intégration dans les centres d’accueil. Une enquête est en cours pour déterminer s’il s’agit de cas isolés ou d’un réseau mafieux.
Le 23 juillet dernier, un couple marocain a été arrêté à Bilbao pour abandon de mineur. Ils avaient laissé leur fils dans un centre d’accueil tout en restant dans la ville, logés dans un appartement touristique. L’enfant, en contact avec ses parents, a fini par avouer la vérité.
Une pression croissante sur les structures locales
Ce phénomène inquiète particulièrement les autorités locales, car il semble mettre à rude épreuve les capacités d’accueil de la province. En 2025, plus de 400 jeunes majoritairement maghrébins, dont une vingtaine de filles, ont été pris en charge. Les centres comme Amorebieta ou El Vivero, récemment rouvert, sont saturés, rapporte El Correo.
À l’heure où les flux migratoires se diversifient, Madrid mise sur une coopération bilatérale renforcée avec le Maroc pour gérer ces dossiers d’une extrême sensibilité. Au-delà des chiffres, ce phénomène soulève des questions profondes sur les fractures sociales, les stratégies familiales et les limites des politiques migratoires actuelles.
