​Espagne: le procureur général poursuivi pour violation du secret judiciaire

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Espagne, procureur général, Madrid,
Le procureur général espagnol, Alvaro Garcia Ortiz (à gauche), quitte la Cour suprême de Madrid, le 29 janvier 2025. (Photo : OSCAR DEL POZO / AFP)

Le procès du procureur général espagnol, accusé d’avoir violé le secret judiciaire en fournissant à la presse des documents sur le conjoint d’une figure de l’opposition de droite, se tiendra du 3 au 13 novembre, a indiqué vendredi le Tribunal suprême.

Quarante témoins seront entendus pendant ce procès, constituant un revers pour le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez qui avait proposé Álvaro García Ortiz au poste de procureur général.

Parmi ces témoins, des procureurs, des journalistes, des personnalités politiques, et Alberto González Amador, le conjoint de la présidente conservatrice de la région de Madrid au coeur de l’affaire, a précisé le Tribunal suprême.

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Le Tribunal a indiqué qu’Álvaro García Ortiz était jugé pour violation du secret judiciaire, « pour avoir fourni à un média le contenu confidentiel d’un courriel » de l’avocat du compagnon d’Isabel Díaz Ayuso, figure de la droite et critique virulente du gouvernement de Pedro Sánchez.

Le procureur général a toujours défendu son innocence et a refusé de démissionner, malgré les appels insistants de l’opposition à le faire.

Le procès se déroulera sur six journées entre le 3 et le 13 novembre, a précisé le Tribunal suprême, qui avait imposé à M. García Ortiz le versement d’une caution de 150.000 euros en prévision de possibles indemnités qu’il pourrait être amené à payer. Son montant a finalement été ramené à 75.000 euros.

L’inculpation en janvier du magistrat, un fait inédit dans l’histoire judiciaire espagnole, avait suivi la publication par plusieurs médias d’un projet d’accord de plaider coupable entre le parquet et Alberto González Amador.

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Ce dernier doit prochainement comparaître lui aussi dans le dossier évoqué dans ce courriel. Il est soupçonné d’avoir fraudé le fisc espagnol entre 2020 et 2021 à la tête de son entreprise, spécialisée dans la prestation de services sanitaires, et dont les revenus se sont envolés pendant la pandémie de COVID-19.

Outre M. García Ortiz, plusieurs autres proches du Premier ministre Pedro Sánchez sont dans le collimateur de la justice.

Un juge vient ainsi de requérir le renvoi devant un jury populaire de son épouse pour plusieurs délits, notamment corruption et trafic d’influences, et son frère cadet sera bientôt jugé pour trafic d’influence, après avoir été embauché en 2017 par une institution publique dans une région gouvernée par les socialistes.

D’ex-dirigeants du Parti socialiste et un ancien ministre des Transports, longtemps bras droit de Pedro Sánchez, sont également visés par des enquêtes judiciaires dans des affaires de pots de vin.

« Le temps remettra les choses à leur place. À nous de défendre la vérité (…) et la vérité est que mon frère et ma femme sont innocents« , a affirmé Pedro Sánchez la semaine dernière, après avoir accusé en septembre certains juges de « faire de la politique ».

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