France: Retailleau menace de démissionner si Paris cède face à Alger

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Paris va présenter à Alger une liste de "plusieurs centaines de personnes" aux profils "dangereux"
Le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau © DR.

Dans un entretien au «LeParisien», le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau menace de démissionner du gouvernement si la France cède sur le dossier algérien.

Bruno Retailleau durcit le ton, titre LeParisien. Dans un entretien au journal, ministre français de l’Intérieur indique qu’il serait prêt à démissionner de son poste si la France cède sur le dossier algérien.

«J’ai été longtemps le seul au gouvernement à prôner ce rapport de force. Ce vendredi, avec mon collègue des Affaires étrangères, nous avons transmis aux autorités algériennes une première liste d’Algériens qui représentent un danger et que nous voulons expulser», indique-t-il au quotidien français.

«Désormais, ma ligne, qui est celle du rapport de force avec l’Algérie, est celle du gouvernement. Si l’Algérie ne reprend pas ses ressortissants dangereux, nous engagerons une riposte graduée. Mais si elle respecte les accords de 1994, le problème sera réglé», ajoute-t-il expliquant ne pas «vouloir d’un deuxième Mulhouse», une attaque terroriste qui avait coûté la vie d’une personne.

Lire aussi. La France transmet sa liste des «dangereux ressortissants» algériens expulsables

Bruno Retailleau, qui multiplie les déclarations virulentes contre Alger, notamment depuis l’incarcération mi-novembre de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, était interrogé sur le dossier algérien et « la riposte graduée » qu’il appelle de ses vœux si Alger n’acceptait pas de reprendre ses ressortissants en situation irrégulière en France.

Vendredi le gouvernement français a établi une première liste d’une soixantaine de ressortissants algériens qu’il souhaite expulser.

« Au bout de la riposte, il y aura une remise en cause des accords de 1968 », affirme le ministre. « Je serai intransigeant et j’attends que cette riposte graduée soit appliquée ».

L’accord de 1968 donne un statut particulier aux Algériens en France, l’ancienne puissance coloniale, en matière de circulation, de séjour et d’emploi.

Fin février, le Premier ministre François Bayrou a menacé de dénoncer cet accord si, dans un délai de six semaines, l’Algérie ne reprenait pas ses ressortissants en situation irrégulière.

De son côté, Emmanuel Macron a joué la carte de l’apaisement en se disant « favorable, non pas à dénoncer, mais à renégocier » cet accord.

Début février, le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait dénoncé le « climat délétère » entre l’Algérie et la France, jugeant que les deux pays devaient reprendre le dialogue et avait appelé Emmanuel Macron à « faire entendre sa voix » en ce sens.

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