Un Marocain de 45 ans faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français a…
France: Un Marocain jugé pour tentative de meurtre sur policiers
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A-t-il ou non voulu tuer des policiers en les renversant en voiture ? Le procès de la folle cavale d’un Marocain, qui avait coûté la vie à sa passagère de 18 ans, s’est ouvert lundi à Grenoble.
Devant la cour d’assises de l’Isère, Ouadia Kaouass, 34 ans, barbe légère et tout de noir vêtu, a demandé « pardon » au père de la jeune femme, présent dans la salle et qui s’est porté partie civile.« Je m’en veux (…) C’est un gros fardeau que j’aurai à porter toute ma vie », a-t-il ajouté, sans s’exprimer à ce stade sur les faits qui lui sont reprochés: avoir tenté d’échapper à un contrôle des forces de l’ordre dans la nuit du 5 octobre 2022 à Saint-Martin-d’Hères, en périphérie de Grenoble.
La course-poursuite, menée en plein centre-ville de Grenoble ponctuée d’échanges de tirs et de barrages forcés, ne s’était achevée que lorsque l’homme, blessé à la tête et qui venait d’abandonner son véhicule hors d’état de rouler, avait tenté de prendre la fuite à pied.
Les policiers l’avaient interpellé et avaient découvert sur le siège avant sa jeune compagne, mortellement blessée au cou par un tir de riposte d’un policier. Ce décès a fait l’objet d’une procédure de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui a été classée.
Lire aussi. France: deux frères marocains inculpés et écroués pour «projet terroriste»Le conducteur, sans emploi ni domicile fixe et doté d’un lourd casier judiciaire (13 condamnations) et sous le coup d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français), est principalement accusé de tentative de meurtre sur quatre policiers sur lesquels il avait foncé pour sortir d’un cul-de-sac.
En récidive, ce père de deux jeunes enfants, encourt la perpétuité selon son avocat Ronald Gallo, qui espère faire requalifier les faits.
« Moment dramatique »
« Il reconnaît cette attitude de refus d’obtempérer, qui a des conséquences gravissimes. Il reconnaît sa conduite en état d’ébriété, sous stupéfiants. Il reconnaît les violences volontaires à l’égard des policiers. Mais il ne reconnaît pas la tentative d’homicide », a souligné Me Gallo. Quant à sa demande de pardon, elle est « sincère », a-t-il insisté.
Pour Me Frédéric Mauvarin, qui représente huit des 14 policiers qui se sont également portés parties civiles, le débat s’annonce « intense ».
Le comportement de l’accusé a, selon lui, toujours été « dangereux », comme l’atteste « son passé judiciaire » qui compte notamment une condamnation en 2012 à huit ans d’emprisonnement pour des tirs sur des policiers près d’Avignon, alors qu’il était recherché pour braquage.
Les policiers ont vécu « un moment très intense et de dangerosité » lors de la poursuite et « un moment vraiment dramatique » lorsqu’ils ont découvert le corps de la jeune femme, dont ils ignoraient la présence dans le véhicule, souligne-t-il.
Trois ans et demi plus tard, le procès débute en présence de nombreux policiers mais sans tension, avec un accusé attentif et concentré sur les échanges.
Selon l’experte psychiatre qui s’est penchée sur sa personnalité, Ouadia Kaouass a exprimé le regret de ne pas avoir été « à la place » de la jeune femme tuée et souffre probablement de stress post-traumatique suite à son décès. Il n’éprouve en revanche « aucune empathie » à l’égard des policiers, a-t-elle estimé.
Le procès doit s’achever le 27 avril.
