Gaza: le Maroc parmi les exceptions, le Conseil de paix presse les États de débloquer les fonds

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Nasser Bourita à la cérémonie de signature de la charte fondatrice du Conseil de paix
Le président américain Donald Trump (au centre) tient une charte fondatrice signée lors de la réunion du « Conseil de la paix », en marge du Forum économique mondial (WEF) à Davos le 22 janvier 2026. © AFP

Le Conseil de paix exhorte les pays engagés à «accélérer les processus de décaissement» et à effectuer leurs contributions «sans délai», faute de quoi le projet risque de rester «sur le papier» et sans impact pour Gaza.

Mis en place par le président américain Donald Trump pour la reconstruction de Gaza, le Conseil de paix appelle les États contributeurs à accélérer le versement des financements promis. Dans un rapport adressé le 15 mai au Conseil de sécurité de l’ONU, consulté par Reuters, l’organisation fait état d’un important écart entre les engagements annoncés et les montants effectivement débloqués.

Le Conseil de paix exhorte ainsi les pays engagés à «accélérer les processus de décaissement» et à effectuer leurs contributions «sans délai», faute de quoi le projet risque de rester «un simple cadre sur le papier» sans impact concret pour Gaza, où 85% des bâtiments et infrastructures ont été détruits et près de 70 millions de tonnes de gravats doivent être évacuées avant le début des travaux de reconstruction.

Le Maroc contributeur effectif

Le nouvau rapport ne fournit aucun détail sur les sommes réellement perçues ni sur l’ampleur exacte du déficit de financement. Néanmoins, début avril, une source proche du dossier révélait que seuls le Maroc, les Emirats arabes unis et les Etats-Unis avaient effectivement versé des fonds, mais pour un total inférieur à 1 milliard de dollars, alors que les promesses officielles s’élèvent à un total de 17 milliards de dollars.

Outre ces trois contributeurs effectifs, d’autres pays ayant promis des contributions au Conseil de paix incluent l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Ouzbékistan ou encore le Koweït.

Lire aussi. Conseil de paix: le Maroc parmi les trois seuls pays qui honorent leurs engagements

Selon une autre source palestinienne, le Conseil avait annoncé que le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), destiné à prendre le relais du Hamas, ne pouvait pas entrer à Gaza par faute de financement. Mais le Conseil avait démenti toute contrainte budgétaire. «Le Conseil de paix est une organisation avec une structure allégée, axée sur l’exécution, qui mobilise les fonds en fonction des besoins. Il n’existe aucune contrainte de financement. À ce jour, toutes les demandes de financement ont été satisfaites immédiatement et intégralement», avait-il répondu dans un post sur les réseaux sociaux.

Reuters a également révélé que Washington envisageait de demander à Israël de transférer au Conseil de paix une partie des taxes actuellement retenues à l’Autorité palestinienne afin de financer la reconstruction.

Réticences et inquiétudes

Créé par Donald Trump pour superviser la fin de la guerre à Gaza et la reconstruction du territoire palestinien dévasté, le Conseil de paix bénéficie d’une reconnaissance du Conseil de sécurité des Nations unies, même si plusieurs grandes puissances n’y ont pas adhéré.

Plusieurs États demeurent néanmoins réticents à aider Gaza via cette structure américaine, invoquant des inquiétudes liées à la transparence et aux mécanismes de contrôle. Selon des responsables européens et asiatiques, nombre de pays préfèrent continuer à passer par des institutions traditionnelles comme l’ONU, conclut Reuters.

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