Guerre au Moyen-Orient: des négociations secrètes en cours, selon Abderrahmane Mekkaoui

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Guerre au Moyen-Orient: des négociations secrètes en cours, selon Abderrahmane Mekkaoui

Alors que la guerre au Moyen‑Orient connaît une intensification des frappes, notamment contre des sites nucléaires et énergétiques, l’expert marocain des questions stratégiques et militaires Abderrahmane Mekkaoui livre une analyse détaillée des évolutions récentes. Selon lui, derrière l’apparente escalade militaire se dessine une diplomatie discrète, menée au Pakistan et impliquant plusieurs puissances régionales et asiatiques.

Abderrahmane Mekkaoui souligne que l’ultimatum initial de 48 heures fixé par Washington a été prolongé à cinq jours par le président Trump, non pas par hasard, mais à la suite de « négociations secrètes, profondes et sérieuses » entre les parties en conflit. « Ce prolongement ne concerne que les gisements d’énergie et d’électricité, mais les autres opérations continuent », précise‑t‑il, insistant sur le caractère partiel de la trêve.

Il ajoute que des médiateurs tels que la Turquie, le Pakistan, la Chine, la Corée du Sud et le Japon sont activement impliqués dans ces discussions. « Le Pakistan et la Turquie, avec Oman, ont fait les mains et les pieds pour réduire l’escalade », explique‑t‑il, décrivant une diplomatie parallèle qui cherche à contenir l’embrasement. Pour Mekkaoui, la méthode américaine est claire: « c’est une stratégie d’homme d’affaires. Trump pousse l’escalade à son apogée pour ensuite réduire la tension ».

Guerre: réticences d’Israël et capacités inquiétantes d’Iran

Le professeur à l’université Hassan II estime que la prolongation de l’ultimatum profite à la plupart des acteurs, sauf à Israël. « Le seul perdant dans ce prolongement de l’ultimatum de Trump, c’est Israël qui, d’après tous les analystes, essaie de saboter tout rapprochement entre l’Iran et les États‑Unis et tout règlement du conflit », affirme‑t‑il.

Interrogé sur les capacités militaires de l’Iran, Mekkaoui rappelle que Téhéran a investi massivement dans son industrie militaire depuis la guerre irako‑iranienne des années 1980. « L’Iran a construit une industrie militaire gigantesque, focalisée sur les missiles de différents calibres et les drones », fait savoir l’expert. Il insiste sur le rôle des partenariats avec la Chine, la Russie et la Corée du Nord, qui ont permis à l’Iran de développer un réseau balistique sophistiqué.

Guerre au Moyen-Orient: des négociations secrètes en cours, selon Abderrahmane Mekkaoui
Photo d’illustration / Cette photo prise à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, montre des traînées de roquettes dans le ciel le 13 juin 2025, après que l’Iran a frappé Israël avec des barrages de missiles suite à un assaut massif visant les installations nucléaires et militaires de la république islamique. © Eyad BABA / AFP

Concernant les rumeurs d’un missile iranien ayant atteint la base militaire américaine à Diego Garcia située à plus de 4.000 kilomètres, notre interlocuteur reste prudent : « même si les Iraniens nient, il n’est pas exclu qu’ils aient procédé à un essai. Ce type de test constitue une menace directe pour l’Occident et pour la stabilité internationale ». Il décrit un arsenal dissimulé « sous les montagnes iraniennes », capable de déstabiliser la région et au‑delà.

Iran: les scénarios au terme de l’ultimatum

Quant aux perspectives sur la guerre, Mekkaoui estime que la rallonge des 5 jours en plus décrété par le locataire de la Maison blanche doit être vu comme une période d’attente stratégique, qui devrait permettre aux négociations de « faire bouger les lignes », analyse‑t‑il. Il insiste sur le rôle de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud, de la Turquie et d’Oman, qui pourraient infléchir la position iranienne.

Guerre au Moyen-Orient : une diplomatie secrète en coulisses, selon Abderrahmane Mekkaoui

L’expert note également des signaux de changement au sein des institutions religieuses à Qom, susceptibles d’influencer l’issue des discussions. « On observe un certain changement chez les clergés, qui pourrait se traduire pendant ces négociations complexes », avance‑t‑il. Cela suggère que la dimension religieuse n’est pas étrangère aux évolutions politiques et militaires.

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Enfin, Abderrahmane Mekkaoui insiste sur l’importance des négociations secrètes menées à Islamabad. « La vérité, selon des observateurs neutres, c’est que les négociations ont bien eu lieu au Pakistan et continuent de l’être. Je pense que cela a eu un impact positif sur les prix du pétrole et de l’énergie », remarque t‑il. Pour lui, la diplomatie parallèle pourrait ouvrir une brèche dans un conflit marqué par l’escalade militaire et la rivalité régionale.

Ainsi, la guerre au Moyen‑Orient entre dans une phase où la confrontation militaire se double d’une diplomatie souterraine. L’ultimatum repoussé offre une fenêtre fragile, où se jouent des équilibres complexes entre Washington, Téhéran, les médiateurs asiatiques et les acteurs régionaux. L’issue reste incertaine, mais les négociations secrètes pourraient bien redessiner les contours du conflit.

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