Guerre au Moyen-Orient : au 68ᵉ jour, les derniers développements

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Guerre Moyen-Orient Trump
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une allocution télévisée sur le conflit au Moyen-Orient depuis le Cross Hall de la Maison Blanche à Washington, D.C., le 1er avril 2026 © AFP

Au 68ᵉ jour de la guerre au Moyen-Orient, le cessez-le-feu conclu le 8 avril apparaît de plus en plus fragile. Entre tensions diplomatiques, incidents maritimes et déclarations contradictoires, les acteurs internationaux tentent de maintenir un équilibre précaire, tandis que les risques d’escalade demeurent.

Mercredi, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s’est entretenu à Pékin avec son homologue chinois Wang Yi. L’agence Chine Nouvelle n’a donné que peu de détails, mais cette rencontre intervient à quelques jours d’une visite annoncée du président américain Donald Trump en Chine. La Chine, rappelons-le, est le principal importateur de pétrole iranien : avant la guerre, plus de 80 % des exportations iraniennes étaient destinées à ce pays.

Dans le même temps, Donald Trump a annoncé la suspension de l’opération américaine d’escorte de navires dans le détroit d’Ormuz, baptisée « Projet Liberté ». Mise en place depuis seulement un jour, cette opération visait à sécuriser la navigation dans cette voie maritime stratégique. Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a affirmé que «de grands progrès» avaient été réalisés dans les négociations avec Téhéran et que l’initiative serait suspendue «pendant une courte période» afin de tester la possibilité d’un accord.

Mais la situation reste tendue. Mardi soir, un cargo a été touché par un projectile d’origine inconnue dans le détroit d’Ormuz, selon l’agence britannique UKMTO. L’incident, survenu vers 18h30 GMT, rappelle la vulnérabilité persistante de cette zone clé pour le commerce mondial. En réaction, Washington a annoncé préparer une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, rédigée avec Bahreïn, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar. Le texte « exige que l’Iran cesse les attaques, le minage et tout péage » dans le détroit, a précisé le secrétaire d’État Marco Rubio.

Entre démentis iraniens et avertissements américains

Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, Marco Rubio a assuré que la phase offensive du conflit était « finie » et que les États-Unis se trouvaient désormais dans une phase « défensive ». Pourtant, les signaux contradictoires s’accumulent. Les Émirats arabes unis ont affirmé avoir activé leur défense aérienne pour le deuxième jour consécutif face à des missiles et des drones tirés d’Iran. Téhéran a immédiatement démenti « catégoriquement » toute attaque, par la voix du porte-parole du commandement militaire Khatam Al-Anbiya : «Les forces armées de la République islamique d’Iran n’ont mené aucune opération de missiles ou de drones contre les Émirats arabes unis ces derniers jours».

Face à ces tensions, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a mis en garde : «si vous attaquez les troupes américaines ou des navires de commerce innocents, vous serez confrontés à une force américaine écrasante et dévastatrice». Le chef d’état-major Dan Caine a confirmé que l’armée américaine «est prête à reprendre des opérations majeures de combat» si l’ordre en est donné.

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Donald Trump, de son côté, a adopté un ton oscillant entre fermeté et volonté d’apaisement. «Les autorités iraniennes devraient faire ce qui est intelligent, parce que nous ne voulons pas y aller et tuer des gens. Je ne veux pas faire ça», a-t-il déclaré, tout en minimisant l’ampleur du conflit : «nous sommes dans un petit accrochage sur le plan militaire. Je parle d’+accrochage+ parce que l’Iran n’a aucune chance». Le président américain avait auparavant évoqué une « mini guerre » ou une « petite excursion ».

Un cessez-le-feu de plus en plus fragile

Ces déclarations illustrent la fragilité du cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril. Alors que les diplomaties chinoise et iranienne cherchent à maintenir un canal de dialogue, les incidents en mer et les accusations croisées entre Washington et Téhéran menacent de faire basculer la situation. Les résolutions envisagées à l’ONU pourraient offrir un cadre de négociation, mais leur adoption dépendra des équilibres géopolitiques au sein du Conseil de sécurité.

Au 68ᵉ jour, la guerre au Moyen-Orient reste donc marquée par une incertitude profonde. Les acteurs régionaux et internationaux oscillent entre gestes d’apaisement et démonstrations de force. Si certains parlent déjà de « phase défensive », les faits montrent que le conflit demeure actif et que la moindre étincelle pourrait rallumer l’incendie.

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