Israël vide des camps de réfugiés en Cisjordanie et interdit le retour des déplacés (vidéo)

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Cisjordanie: Israël vide des camps de réfugiés, interdit leur retour
Un véhicule de l'armée israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie occupée, le 19 février 2025. © Mohammad Mansour /AFP

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé dimanche que l’armée israélienne avait vidé trois camps de réfugiés palestiniens situés dans le nord de la Cisjordanie et qu’elle avait pour ordre d’interdire le retour de leurs habitants.

« Quarante mille Palestiniens ont déjà été évacués des camps de réfugiés de Jénine, Tulkarem et Nour Chams, qui sont désormais vides », a déclaré M. Katz dans un communiqué. « J’ai donné pour instruction aux soldats de se préparer à un séjour prolongé dans ces camps évacués pour l’année à venir et de ne pas permettre le retour de leurs habitants ni la résurgence du terrorisme », a-t-il ajouté.

Cette opération militaire a conduit à l’évacuation forcée de 40 000 Palestiniens, avec pour consigne stricte d’empêcher leur retour.

Blocage des libérations de prisonniers 

Samedi, Israël a refusé de libérer plus de 600 prisonniers palestiniens en échange de six otages israéliens, une décision qui suscite des doutes sur la poursuite du cessez-le-feu, dont la première phase s’achève le 1er mars.

Le Hamas a accusé Israël de mettre en péril la trêve à Gaza en bloquant la libération des prisonniers palestiniens sous prétexte que des « cérémonies humiliantes » accompagnent la remise des otages israéliens.

Dans la bande de Gaza, le Hamas a pourtant libéré samedi six Israéliens dans le cadre du septième échange d’otages contre des prisonniers palestiniens, selon l’accord entré en vigueur le 19 janvier pour une durée initiale de 42 jours.

Israël devait libérer 620 prisonniers palestiniens en contrepartie, mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé après une réunion sécuritaire que cette libération était suspendue jusqu’à ce que les « cérémonies humiliantes » cessent.

Le Hamas a réagi en accusant Israël de « mettre en grave danger tout l’accord de trêve » et a appelé les médiateurs internationaux, en particulier les États-Unis, à « faire pression sur l’ennemi » pour qu’il relâche immédiatement les prisonniers palestiniens prévus.

Attente des familles en Cisjordanie et à Gaza

En Cisjordanie et dans la bande de Gaza, des familles ont attendu en vain la libération de leurs proches.

« Notre Seigneur nous donnera la patience, et nous attendrons simplement jusqu’à la libération de nos fils », a déclaré Oumm Alaa, une femme présente à Ramallah.

Samedi matin, deux premiers otages, encadrés par des combattants armés, ont été libérés à Rafah, dans le sud de Gaza : Tal Shoham, un Israélo-Italo-Autrichien de 40 ans, et Avera Mengistu, 38 ans, otage depuis plus de dix ans.

La même scène s’est répétée à Nousseirat, dans le centre de Gaza, avec la libération de trois jeunes Israéliens, Eliya Cohen, Omer Shem Tov et Omer Wenkert, enlevés lors du festival de musique Nova le 7 octobre 2023.

Situation toujours plus tendue

La branche armée du Hamas a publié une vidéo montrant deux autres otages suppliant Benjamin Netanyahu de les libérer. Cette mise en scène a été qualifiée de « dérangeante » et de « démonstration de cruauté écœurante » par le Forum des familles d’otages.

Malgré ces images, des centaines d’Israéliens ont suivi en direct à Tel-Aviv la retransmission des libérations, partagés entre larmes et cris de joie.

Sur les 251 otages enlevés le 7 octobre 2023, 62 restent détenus à Gaza, dont 35 seraient morts, selon l’armée israélienne.

Depuis le début de la trêve, 29 otages israéliens, dont quatre décédés, ont été remis à Israël, en échange de plus de 1 100 prisonniers palestiniens.

Selon le Hamas, seuls quatre otages décédés doivent encore être restitués à Israël durant cette première phase de l’accord. Le mouvement s’est dit prêt à libérer « en une seule fois » tous les otages restants lors de la deuxième phase, censée mettre fin à la guerre.

L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a causé la mort de près de 1 400 Israéliens, principalement des militaires. En représailles, l’offensive israélienne à Gaza a fait au moins 48 319 morts, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.

Benjamin Netanyahu a promis de faire payer au Hamas le prix fort pour sa violation du cessez-le-feu, renforçant ainsi les tensions dans la région.

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