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Ligue arabe: les propos de Netanyahu sur l’Arabie saoudite témoignent d’une « déconnexion de la réalité »
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Plusieurs pays arabes, dont l’Arabie saoudite, ont condamné dimanche les déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu suggérant la création d’un Etat palestinien sur le sol saoudien.
Pour le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, les propos de M. Netanyahu sont « inacceptables et déconnectés de la réalité », ajoutant qu’ils relevaient « de simples fantasmes ou illusions ».
Le ministère saoudien des Affaires étrangères a pour sa part exprimé sa satisfaction « quant à la condamnation » et « le rejet total annoncés par ses pays frères concernant les propos de Benjamin Netanyahu vis-à-vis du déplacement du peuple palestinien ».
« Le royaume rejette catégoriquement ces déclarations, qui visent à détourner l’attention des crimes successifs commis par l’occupation israélienne contre nos frères palestiniens à Gaza, y compris le nettoyage ethnique auquel ils sont soumis », a-t-il ajouté dans un communiqué.
Lors d’une interview télévisée avec Benjamin Netanyahu jeudi, le journaliste israélien de droite Yaakov Bardugo évoquait la perspective d’une normalisation diplomatique avec l’Arabie saoudite lorsqu’il a semblé faire un lapsus, attribuant à Ryad la position selon laquelle « il n’y aurait pas de progrès sans un Etat saoudien ».
« Un Etat palestinien? », l’a interrompu M. Netanyahu.
« A moins que vous ne vouliez que l’Etat palestinien soit en Arabie saoudite, les Saoudiens ont beaucoup de territoire », a-t-il ajouté avant d’évoquer les négociations ayant conduit aux accords d’Abraham, qui ont permis la normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes en 2020, concluant: « je pense que nous devrions laisser ce processus suivre son cours ».
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L’Arabie saoudite avait entamé en 2020 des négociations pour un rapprochement avec Israël, en échange d’un pacte de défense avec Washington et d’une assistance américaine pour un programme nucléaire civil.
Mais les discussions ont été suspendues après le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, Ryad conditionnant toute reconnaissance d’Israël à la création d’un Etat palestinien.
La création d’un Etat palestinien en dehors de Gaza et de la Cisjordanie occupée a suscité une vague de condamnations régionales.
L’Egypte a notamment « condamné dans les termes les plus fermes » les déclarations « irresponsables et totalement inacceptables » de son voisin israélien « qui portent atteinte à la sécurité et à la souveraineté » de Ryad, soulignant qu’il s’agissait d’une « ligne rouge ».
Les Emirats arabes unis ont dénoncé « des déclarations « provocatrices ».
« Cette approche extrémiste et coloniale méconnaît la signification de la terre palestinienne » pour les Palestiniens, a encore déclaré l’Arabie saoudite.
Le ministère jordanien des Affaires étrangères a pour sa part condamné des déclarations « incendiaires et en violation flagrante du droit international », soulignant que les Palestiniens ont le droit à « un Etat indépendant et souverain » aux côtés d’Israël.
Pour les Palestiniens, le déplacement évoque la « Nakba » (« Catastrophe » en arabe), terme désignant l’exode massif qui a suivi la création d’Israël en 1948.
