Le président français Emmanuel Macron tente de recoller les morceaux avec Alger après les tensions…
Macron et Tebboune annoncent la relance des relations entre Paris et Alger
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Les présidents français Emmanuel Macron et algérien Abdelmadjid Tebboune ont acté lundi une relance de la relation bilatérale, après des mois de crise, qui reste toutefois suspendue à la libération de l’écrivain Boualem Sansal et à des enjeux de politique intérieure dans les deux pays.
Les deux présidents, qui se sont entretenus le jour de l’Aïd el-Fitr marquant la fin du ramadan, ont marqué « leur volonté de renouer le dialogue fructueux » engagé lors de la visite d’Emmanuel Macron à Alger en août 2022, selon un communiqué commun.
« Il sont convenus que la force des liens – en particulier humains – unissant la France et l’Algérie, les intérêts stratégiques et de sécurité respectifs des deux pays, les défis et crises auxquels l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique étaient confrontées exigeaient le retour à ce dialogue d’égal à égal ».
Ils ont ainsi décidé de « la reprise sans délai de la coopération sécuritaire », essentielle pour la lutte contre le terrorisme, notamment au Sahel, et contre les trafics humains.
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La coopération migratoire, au coeur de la crise ces dernières semaines, doit « être immédiatement réinitiée, dans une logique de résultats répondant aux préoccupations des deux pays », ont également les deux dirigeants, qui ont toujours joué la carte de leur relation personnelle pour surmonter les difficultés entre les deux pays.
La question de la réadmission dans leur pays d’origine des Algériens sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), brandie à de multiples reprises par le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau, a enflammé les relations bilatérales.
« Rencontre prochaine »
La crise a atteint son paroxysme après l’attentat de Mulhouse (est) ayant fait un mort le 22 février, commis par un Algérien qui avait fait l’objet de plusieurs demandes de réadmission, refusées par l’Algérie.
Mais la volonté d’apaisement semblait prévaloir ces derniers jours. Et au sein du gouvernement français, les voix les plus critiques d’Alger, dont celle de Bruno Retailleau, se sont fait plus discrètes.
Les deux présidents ont aussi marqué leur volonté de « poursuivre et finaliser le travail de mémoire » sur la colonisation de l’Algérie par la France (1830-1962) et la guerre d’indépendance (1954-1962), qui continuent de peser sur la relation bilatérale.
La commission mixte d’historiens mise en place par les deux capitales, qui était à l’arrêt depuis plusieurs mois, va reprendre « sans délai » ses travaux afin de remettre des « propositions concrètes » aux deux chefs d’Etat « avant l’été 2025 ».
Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot va se rendre à Alger le 6 avril afin de « donner rapidement » le nouvel élan souhaité à la relation. Le ministre français de la Justice Gérald Darmanin effectuera de même une visite prochainement pour relancer la coopération judiciaire.
Les deux présidents ont arrêté de leur côté « le principe d’une rencontre prochaine », est-il encore indiqué, sans plus de précisions. Ils ont insisté également sur leur volonté de « développer la coopération économique » franco-algérienne, prisonnière des aléas politiques entre les deux pays.
